PCF-France insoumise, l’impossible unité

La réunion de ce jeudi matin entre la France insoumise et le PCF s’est soldée par une fin de non-recevoir : il n'y aura pas de groupe commun à l'Assemblée nationale.

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Onze députés communistes, dix-sept de la France insoumise et deux groupes à l’Assemblée nationale. Voilà le résultat visiblement définitif des élections législatives. Officiellement organisée pour évoquer « les moyens de travailler ensemble », d'après le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, la rencontre de ce jeudi matin aurait pu faire office de lieu de débat d’une union parlementaire entre les deux groupes.

Mais le président sortant du groupe dans lequel siégeaient les députés du Front de gauche a annoncé dès mercredi que le PCF ferait groupe à part, ralliant à ses 11 élus 4 Ultramarins afin d’atteindre le nombre de 15 députés, minimum obligatoire pour constituer un groupe. Une alliance plus technique qu’idéologique, déjà effective durant la précédente mandature sous le nom de « Gauche démocrate et républicaine ». « Deux groupes auront plus d’efficacité. Il ne s’agit pas d’une atomisation mais d’une convergence. La priorité des priorités, c’est ce qu’on pourra faire avec le groupe des “insoumis“ », avait tenté le député Chassaigne lors d'une conférence de presse mercredi.

Difficile cependant de ne pas y voir l’accomplissement d’une rupture plutôt que celle d’une convergence. D’autant que les relations entre Jean-Luc Mélenchon et certains leaders communistes sont particulièrement tendues depuis plusieurs mois. André Chassaigne s’était d’ailleurs vivement opposé à une alliance avec le leader de la France insoumise pour la présidentielle, y voyant « un coup fatal […] porté au Parti communiste ».

Ce vendredi matin, « nous leur avons de nouveau tendu la main, sous réserve que la présidence du groupe soit donnée à notre candidat et que le programme à défendre soit l’Avenir en commun, mais ils veulent un groupe autonome pour maintenir l’identité communiste en tant que telle, constate Éric Coquerel, député FI de Seine-Saint-Denis précisant que « pour nous, ça ne change rien mais les choses auraient pu être autrement ».

« Certains au PCF ne souhaitent pas de relation pérenne avec la FI », regrette Stéphane Peu, député « dépité » de la Seine-Saint-Denis qui plaide ardemment pour un groupe commun. « Quand on fait une campagne nationale commune, qu’on obtient un tel résultat et qu’on doit s’opposer à un projet gouvernemental porteur d’une grande violence sociale, il faut faire front commun et mener la bataille ensemble ! » Investi à la fois par le PCF et la France insoumise, Stéphane Peu se retrouve dans une situation inconfortable : « S’il doit y avoir deux groupes, je ne sais pas de quel côté je pencherai, peut-être du côté PCF par fidélité, mais je plaiderai pour la création d’un intergroupe et me porterai candidat pour être l’agent de liaison », annonce-t-il d’emblée.

Ce matin, les deux groupes se sont effectivement entendus pour établir un espace de liaison régulier, mais « pas un intergroupe » précise Éric Coquerel. La raison ? « La présence dans le groupe PCF d’Ultramarins indépendantistes et d’un pro-Macron… » Pourquoi faire simple…


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