Une gauche de résistance

Dans une Assemblée dominée par le parti d’Emmanuel Macron, c’est aux députés de la France insoumise et du PCF qu’il incombe de porter fort la protestation sociale et écologique.

C’est une Assemblée nationale profondément renouvelée qu’ont élue, dimanche, une minorité d’électeurs. Seulement 42,64 % des électeurs se sont rendus aux urnes, établissant un nouveau record d’abstention préoccupant. Et près de 10 % d’entre eux y ont déposé un bulletin blanc ou nul. Cette grève du vote qui s’approfondit traduit-elle une apathie des citoyens face à une élection perçue comme secondaire ? Ou témoigne-t-elle d’une profonde défiance vis-à-vis d’institutions usées, incapables de représenter la diversité des opinions qui cohabitent dans le pays ? Les deux hypothèses ne s’excluent pas nécessairement. Si Jean-Luc Mélenchon semble privilégier la seconde et voit « dans cette abstention une énergie disponible pour peu que [son mouvement sache] l’appeler au combat », ni l’apathie ni la défiance ne font les @affaires du gouvernement. Dimanche soir, le Premier ministre, Édouard Philippe, a dû reconnaître que l’abstention « n’est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie » et a choisi de l’interpréter « comme une ardente obligation de réussir ». Une manière de reconnaître l’absence d’adhésion populaire à la politique qu’il s’apprête à mettre en œuvre sous la conduite d’Emmanuel Macron. L’exécutif dispose pour cela d’une large majorité dans une Assemblée nationale métamorphosée, politiquement et sociologiquement. Même si le raz-de-marée macroniste annoncé au soir du premier tour n’a pas l’amplitude redoutée, La République en marche (LREM), avec 308 députés sur 577, a la majorité absolue à elle seule, et sans son allié MoDem (42 sièges). Le mouvement d’Emmanuel Macron réalise « un hold-up » que le candidat à la présidentielle avait dénoncé par anticipation dans un discours à Angers, le 28 février. Il jugeait alors impossible et surtout « pas souhaitable » qu’un Président élu en ayant rassemblé au mieux 25 % au premier tour de la présidentielle ait « une majorité présidentielle uniquement avec son parti ».

Il reste 74% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents