Taxe d’habitation : l’arnaque

Supprimer un impôt injuste pourrait passer pour une mesure sociale. Mais l’opération ne peut se faire sans dégradation des services publics.

Ingrid Merckx  et  Pauline Graulle  • 19 juillet 2017 abonné·es
Taxe d’habitation : l’arnaque
© photo : Gilles Targat/Photo12/AFP

Faut-il dire « réforme » de la taxe d’habitation ? Nombreux sont ceux qui l’appelaient de leurs vœux, tant la « TH » est injuste, car mal corrélée aux revenus. « Il y a théoriquement un rapport entre les revenus et la valeur locative des logements, nuance Thomas Peccia-Galletto, conseiller en finances locales à Toulouse, mais il y a des anomalies. » Ainsi, la TH, à Paris, serait de 480 euros en moyenne, contre 1 400 euros à Argenteuil. Et des HLM se trouvent plus taxés que des appartements des beaux quartiers. La faute aux valeurs locatives qui n’auraient pas été réévaluées depuis les années 1970.

« Réviser ces valeurs était un chantier explosif », poursuit l’économiste. « Cela aurait entraîné un choc fiscal monstrueux », ajoute Pierre Madec, auteur avec Mathieu Plane d’une « Évaluation de la réforme de la taxe d’habitation d’Emmanuel Macron » pour l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Cela aurait entraîné des effets de redistribution importants, précise Thomas Peccia-Galletto. Mais les écarts entre les villes sont surtout dus aux taux d’imposition décidés par les élus et aux inégalités de fiscalité

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Économie
Temps de lecture : 6 minutes