Baisse des APL : « Oui, nous sommes à 5 euros près »

Jeudi 31 août, une centaine de personnes ont manifesté jusqu'au ministère de l'Économie pour protester contre la diminution des aides au logement.

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L a première mobilisation d’une longue série », prévient Jean-Baptiste Eyraud du DAL (Droit au logement) au micro. Accompagné de diverses associations (la Confédération nationale du logement, Attac…) et de syndicats (CGT, Sud-Solidaires), il entame un point presse devant le bureau de la CAF du XIIIe arrondissement de Paris. Chômeurs, syndiqués et étudiants viennent dénoncer la diminution de 5 euros par mois des aides au logement, avant que le cortège se mette en route vers Bercy, le ministère de l’Économie et des Finances.

« Je ne peux pas rester sans rien faire »

Fatima rigole en regardant sa fille de 8 ans crier les slogans : « C’est la première fois que je sors manifester, confie-t-elle. Ça me fait un peu bizarre de la voir comme ça. Mais elle ne comprend peut-être pas très bien que là, elle crie pour défendre ses droits ». Entraînée par une copine, Fatima ne s’intéresse pas à la politique en générale, « mais là, c’est différent, explique-t-elle. Cette mesure, elle me touche de plein fouet. Je ne peux pas rester sans rien faire. Combien de fois ai-je terminé mon mois avec moins de 5 euros ? Beaucoup trop. »

Pas très loin, c’est Laurie, étudiante à Paris 3, qui lève le poing et s’époumone « Macron, Le Maire, il faut taper les riches et pas les locataires ! » Arborant un autocollant de l’Unef sur son ventre, elle est déçue du nombre restreint d’étudiants pour cette action. « On représente 40 % des bénéficiaires de l’APL, rappelle la jeune fille. J’espère qu’à la rentrée, les personnes concernées vont descendre en masse dans les rues. » D’autant que le syndicat vient de publier son enquête annuelle révélant que le logement pesait en moyenne 53 % dans le budget des étudiants.

Hasard du calendrier

Sur le trottoir, Marine regarde le cortège qui crie « On ira dormir à l’Élysée. » « Ce n’est pas bête, rigole-t-elle. Il y a de la place là-bas. » Lorsque des manifestant lui expliquent les revendications de la manifestation, elle les rejoint. « Par principe », dit-elle en souriant. « Je ne touche pas les APL, mais ça me dégoûte un peu que l’on prenne aux plus pauvres tout en accordant des milliards aux plus riches. Et puis, le mépris de certains commentateurs qui expliquaient que vraiment, 5 euros ce n’est pas beaucoup, ça m’a encore plus confortée dans ma position. » En guise de réponse, de nombreuses pancartes affichaient : « Oui, nous sommes 5 euros près. »

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D’autant que le Président avait prévenu le matin même qu’il ne s’arrêterait pas là : dans un entretien accordé au Point, il répondait qu’il envisageait d’aller au-delà de cette baisse. « C’est un hasard de calendrier, mais ça nous permet d’être à la pointe de l’actualité », rigole Eddie Jacquemart, président de la Coordination nationale du logement (CNL), à l'origine d'une pétition sur le sujet. Il faut dire que l’actualité est chargée : les ordonnances de la nouvelle loi travail, présentées le jour même, sont sur toutes les lèvres. « La baisse des APL, c’est la dérégulation du marché du logement, tout comme ce qu’ils veulent faire avec le marché du travail », analyse Éric Coquerel (député de la France insoumise). Lui aussi promet que la mobilisation ne fait que commencer.


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