« Les Fils conducteurs », de Guillaume Poix : Cimetière du progrès

Guillaume Poix aborde les rapports Afrique-Occident à travers la décharge électronique de la banlieue d’Accra. Un premier roman remarquable.

« Agbogbloshie ». Un nom difficilement prononçable pour une réalité pénible à formuler : celle d’une des plus grandes décharges de résidus électroniques de la planète. Un marché de plus de dix kilomètres carrés situé dans la banlieue d’Accra, où s’entassent des millions de tonnes de téléphones portables, téléviseurs et autres objets de communication et de divertissement. Pour Guillaume Poix, jeune auteur de théâtre et metteur en scène, qui signe avec Les Fils conducteurs son premier roman, ce cimetière technologique, décrit dans de nombreux articles et reportages depuis que plusieurs ONG sont allées en constater l’horreur, est un puissant matériau poétique. « “Agbogbloshie’’ – on fait sa prière en répétant le mot », lit-on après quelques pages présentant les deux personnages principaux. Soit Thomas, photographe franco-suisse de 30 ans, qui se rend dans la capitale du Ghana pour saisir des images du désastre écologique, et le petit Jacob, Guinéen installé dans cette même ville depuis la mort de son père. Tout comme le nom de la décharge sied à l’inouï qu’il désigne, la polyphonie des Fils conducteurs en traduit la complexité. La violence quotidienne, mais aussi une forme de joie. Étroitement mêlées, les deux trajectoires sont tels des fils d’Ariane en plein chaos. Elles permettent une immersion dans un monde qu’une écriture purement documentaire ne suffirait pas à appréhender.

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