Après l’état d’urgence, une loi antidémocratique

La réforme antiterroriste présentée le 25 septembre à l’Assemblée continue d’inquiéter les défenseurs des droits de l’homme et certains politiques.

Pierre Steinmetz  • 20 septembre 2017 abonné·es
Après l’état d’urgence, une loi antidémocratique
© photo : KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Mercredi 13 septembre, devant les députés de la commission des lois, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, défend le projet de loi antiterroriste. Dans quelques jours, celui-ci sera soumis au vote des députés. Problème : avant d’être adopté, le texte a largement été modifié en première lecture par le Sénat, des modifications pas vraiment du goût du gouvernement. Le ministre est donc là pour lui redonner sa teneur originelle. Le principe : remuscler le tout en intégrant, quasi telles quelles, les mesures de l’état d’urgence – qui prendra fin le 1er novembre prochain – dans le droit commun. Face au micro, l’ancien maire de Lyon argumente en jouant sur les peurs. Et puis sa langue fourche. Il évoque « la sortie de l’État de droit ». Avant de se reprendre : « Euh… de l’état d’urgence. »

Lapsus révélateur ou simple erreur de vocabulaire, la formule n’en reste pas moins un bon résumé des inquiétudes qui planent au-dessus de la réforme. Le gouvernement a beau marteler qu’il s’agit avant tout d’un bouclier indispensable face à la menace terroriste, le projet de loi affole les associations, les syndicats et une partie de la classe politique. Tous dénoncent cette volonté d’intégrer dans le droit commun français les mesures drastiques de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant
« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »
Entretien 20 février 2026 abonné·es

« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »

L’historien Anthony Hamon décrit l’évolution des syndicats agricoles en France, et la façon dont la politique française vante les mérites d’un monde agricole unifié qui occulte ses disparités sociales.
Par Vanina Delmas
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas
Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis