Castaner et Ardisson, duo de connivents

À voir Christophe Castaner se trémousser dans le fauteuil de « Salut les Terriens ! » il semble que le porte-parole du gouvernement ne se déplaît pas en faux modeste.

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Je m’en voudrais de verser dans la psychologie de magazine, mais tout de même : à voir, samedi dernier, Christophe Castaner se trémousser, l’air gourmand, dans le fauteuil de « Salut les Terriens ! » il semble que le porte-parole du gouvernement ne se déplaît pas en faux modeste. « Non, non, je ne suis pas devenu une star, mais c’est vrai que je rencontre aujourd’hui la notoriété. » « En disant que j’étais bon en tout et donc bon à rien, je parlais de ma fonction, je ne suis spécialiste de rien. » Ah, comme cet homme ignore l’autocomplaisance ! Cette façon de ne pas y paraître tout en faisant le paon quand Thierry Ardisson lui glisse qu’il est la révélation de ces derniers mois !

Il faut dire que l’animateur bolloréen s’est transformé en brosse à reluire de style Louis XV. Il va même jusqu’à tancer gentiment M. le secrétaire d’État d’avoir minimisé, dans la communication sur la baisse des APL, le coût que celles-ci représentent pour la France. « 19 milliards ! 19 milliards », répète-t-il avec un rictus douloureux comme si c’était lui qui devait les sortir de sa poche. Ardisson ou le serviteur plus royaliste que le roi. Avec un tel interviewer, Christophe Castaner aurait tort de ne pas obéir au spectacle du « talk d’infotainment » (en français : une causerie de cons tard). Ainsi, quand il est question de l’ouragan Irma, la solennité feinte est de rigueur. Le porte-parole reprend les mots de son maître : « C’est “dur et cruel” parce que c’est notre terre, c’est la France qui est frappée. » Faut-il comprendre que sa compassion n’eût pas été la même si les ravages avaient concerné le Mozambique ?

Puis c’est le temps de la rigolade, des tapes sur les cuisses et de la soumission à la moindre saillie éventée. C8 n’est décidément pas France Inter, où, quelques jours plus tôt, une auditrice de 60 ans l’interpellait sur la suppression brutale de son emploi aidé, la laissant sans espoir aux portes de Pôle emploi et dans une colère noire. Christophe Castaner s’était péniblement extrait de la doxa technocratique pour lui faire une réponse « humaine » de bonimenteur. Sourire enjôleur, charme de VRP : le porte-parole déploie tant bien que mal ses talents pour vendre sa camelote macronienne.


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