La bergère en état de grâce

Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc est une comédie musicale inouïe et enchantée de Bruno Dumont, qui continue à défricher de nouveaux pans du cinéma.

Daniel Bensaïd voyait en Jeanne d’Arc un « véritable mystère », qui le passionnait au point de lui avoir consacré un livre. Il y évoquait notamment la conception que Charles Péguy en avait dans sa jeunesse, quand il percevait le côté rebelle de la jeune bergère, lui accordant une « foi révolutionnaire ». Même si, plus tard, après sa conversion, Péguy a réinvesti Jeanne d’Arc d’une symbolique plus religieuse, il n’en a pas moins secoué la vision traditionnelle – la sienne étant quasi sacrilège.

C’est cette Jeanne-là, ou plus exactement Jeannette, quand elle est enfant, que l’on retrouve dans le film éponyme de Bruno Dumont, qui a puisé dans les textes de Péguy pour écrire ses dialogues. À même pas 10 ans, la fillette ne peut se résoudre à ce que son Dieu ne se manifeste pas davantage pour sauver les âmes, alors que les Anglais gagnent bataille sur bataille contre les troupes du Dauphin. On l’exhorte à ne pas demander de comptes au Seigneur, mais Jeannette ne peut se résigner à vivre une époque de perdition et partage la souffrance des affamés, auxquels elle donne du pain dès qu’elle le peut.

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