L’Alsace dit non à un grand projet inutile

Les opposants au projet d’autoroute GCO, prévue pour contourner Strasbourg, se mobilisent afin que Vinci ne détruise pas des zones naturelles et des terres fertiles.

À une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Strasbourg, le village de Kolbsheim ressemble à une carte postale : vue sur les montagnes des Vosges, rues impeccables, tout comme leurs maisons colorées à colombages… à ceci près que la plupart arborent une décoration inhabituelle : une banderole « Non au GCO », pour dénoncer le projet d’un nouvel axe routier, intitulé « Grand Contournement Ouest » de Strasbourg. Une autoroute à péage de 24 kilomètres, brandie par Vinci, le concessionnaire, comme le miracle pour « désengorger » l’A35 et en finir avec les embouteillages de la métropole strasbourgeoise. Des arguments soutenus par les élus de la région Grand Est, du département du Bas-Rhin, de la ville de Strasbourg ainsi que de l’Eurométropole. Dans les 22 communes concernées de près ou de loin par les travaux, les avis sont moins tranchés, et une fronde anti-GCO s’affirme. Alors qu’un abandon avait été espéré en 2012, le projet ressuscite un an plus tard avec un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) attestant de son utilité. Le collectif d’opposants né en 2003 reprend alors du service, en organisant des réunions publiques d’information et en installant des cabanes tout au long du tracé. Et, en juillet dernier, Éloïse et son frère Louis, des jeunes du village, décident d’occuper un terrain – avec l’accord des propriétaires. Selon eux, une zone à défendre (ZAD) inscrira leur combat dans le long terme et attirera les médias nationaux. L’engagement d’Éloïse remonte à 2006, alors qu’elle n’était encore qu’en CM1. « Un jour, mon père a ouvert la fenêtre de la cuisine et m’a dit : “Tu vois la forêt où tu joues ? Un jour, il y aura une autoroute.” Pour moi, c’était impensable. Je voulais défendre ma forêt, mon terrain de jeu, alors j’ai lancé une pétition à l’école », raconte-t-elle en enfonçant le dernier clou du poulailler abritant trois canards et cinq poules. Aujourd’hui, sept personnes dorment en permanence sur la ZAD du Moulin, mais il y a beaucoup de passage : des curieux, des promeneurs, des villageois apportant des gâteaux, du matériel, des chaussettes bien chaudes… L’adhésion de la population à ce mode d’action a conféré une légitimité à la lutte.

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