Mobilisations : En attendant l’unité syndicale

Lundi, les routiers grévistes ont été confrontés à des forces de police dissuasives, mais les opérations escargot et barrages filtrants ont été reconduits.

Erwan Manac'h  • 27 septembre 2017 abonné·es
Mobilisations : En attendant l’unité syndicale
© photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

Lundi, à l’aube, les routiers en grève ont été confrontés à des forces de police fortement dissuasives. Elles « avaient visiblement des consignes. Nous avons subi des intimidations, les numéros des plaques minéralogiques ont été relevés et des camions-grues étaient prêts à tracter nos véhicules au cas où nous n’aurions pas voulu bouger », témoigne Jérôme Vérité, secrétaire général de la CGT Transports. Une répression qui a entraîné la levée de la quarantaine de points de blocage observés en France.

Les opérations escargot et barrages filtrants ont cependant été reconduits mardi, à l’appel de la CGT et de FO, qui a par ailleurs essuyé le désaveu de son secrétaire général, Jean-Claude Mailly. Ils devaient se répéter au moins jusqu’à ce jeudi, date d’une réunion avec le patronat du secteur et le gouvernement, autour des revendications des chauffeurs : lutte contre le dumping social, que les ordonnances sur le travail devraient accélérer, et hausse des salaires, notamment.

Dans le reste du paysage syndical, le mouvement contre la loi travail 2 n’a pas encore trouvé son second souffle, après deux semaines de mobilisation en demi-teinte. La CFE-CGC a pris la plume, mardi matin, pour haranguer ses confrères, confirmant un certain durcissement depuis la loi travail de 2016. Le syndicat des cadres « appelle à un mouvement unitaire et invite l’ensemble des centrales syndicales à réagir selon des modalités dont elles définiront ensemble la nature et la date ». À l’heure de notre bouclage, la CGT n’a prévu aucune journée de mobilisation. Et la France insoumise, qui a conclu sa manifestation du 23 septembre sur un satisfecit, souhaite laisser l’initiative aux syndicats.

Le Front social, collectif interprofessionnel émanant du mouvement de l’an dernier, propose de faire de la journée de grève de la fonction publique, le 10 octobre, une mobilisation beaucoup plus large. « Les militants se parlent quotidiennement sur le terrain, il faut que cette unité prenne un cadre national », espère Laurent Dégousée, de SUD-­Commerces et du Front social. L’unité est, en tout cas, acquise entre les syndicats de la fonction publique, y compris entre les « réformistes » (CFDT, CFTC, FO et Unsa). Une journée d’action est également prévue pour les retraites le 28 septembre, à laquelle les étudiants de « l’assemblée interfac » parisienne se joindront. Leur mobilisation pourrait s’avérer cruciale pour relancer le mouvement.

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