Offensive libérale sur les associations

Grâce à des montages financiers « innovants », des fonds d’investissement entendent tirer profit des difficultés du secteur associatif, aggravées par la chute des contrats aidés.

C’est une crise existentielle que traverse le mouvement associatif. Déjà fragilisé par dix ans d’effritement des subventions publiques, il doit faire face désormais à la baisse brutale des contrats aidés, qui représentent un sixième de l’emploi du secteur (130 000 personnes). L’arrêt partiel de ces contrats durant l’été a déjà contraint beaucoup d’associations à renoncer à certaines activités. Mais là n’est pas le seul motif d’inquiétude. Le gouvernement envisage pour 2018 une cure d’austérité jamais égalée (20 milliards d’euros d’économie), à laquelle les associations payeront un lourd tribut. À cela s’ajoutent la suppression des réserves parlementaires, qui profitaient aux petites associations, la baisse déjà annoncée des crédits pour la politique de la ville et la chute des dotations de l’État aux collectivités (13 milliards en cinq ans), alors qu’elles sont les premiers bailleurs des associations. Sans compter qu’en 2016, déjà, les subventions versées par les collectivités locales enregistraient une baisse moyenne de 6 %, selon le dernier rapport de l’Observatoire des finances locales. Pour ne rien arranger, le poste de secrétaire d’État à la vie associative a disparu de l’organigramme du gouvernement, et, si Emmanuel Macron vante allégrement les bienfaits de l’économie sociale et solidaire, c’est avant tout pour louer sa frange « business », représentée par les « entreprises sociales ». C’est d’ailleurs sous le seul angle de l’efficacité en termes d’insertion professionnelle que le gouvernement a défendu la diminution des contrats aidés, omettant l’utilité sociale de ces dizaines de milliers de professionnels.

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