Perquisition générale à Bure

La répression se poursuit contre les opposants au projet d'enfouissement de déchets nucléaires.

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Les opposants au projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaire de Bure (Meuse) parlent d’un « acte de censure complet » : le 20 septembre, 150 gendarmes débarquent simultanément dans cinq de leurs lieux de vie pour y mener une perquisition conclue par la confiscation de 40 ordinateurs, de 60 téléphones, de livres et même d’un photocopieur. « On veut tuer la résistance !, clame un opposant. Et dans la violence : on se dirige vers une nouvelle “affaire Tarnac”. » Des personnes ont été mises en joue par des armes à feu, des portes (ouvertes) enfoncées et de « gros calibres » – de simples masses et des feux d’artifice – ont été saisis.

Spontanément, des manifestations de solidarité se sont tenues devant des préfectures dans une vingtaine de villes en France. À la suite de l’appel lancé par les opposants, de nombreux dons financiers et matériels ont afflué. Des comités de soutien se constituent, ils sont invités à se réunir à Bure le 21 octobre, en prélude à une journée de construction collective d’une cabane, le lendemain, dans le bois Lejuc, plus que jamais occupé par les opposants. Ce rassemblement sera aussi l’occasion de ressemer des champs qui ont fourni cette saison trois tonnes de blé panifiable et ­plusieurs tonnes de pommes de terre.

« La lutte a dépassé le cadre local, elle devient un pôle de mobilisation à portée nationale, commente un opposant. Le mouvement pourrait bien devenir le prochain “Notre-Dame-des-Landes”, si le projet d’aéroport est abandonné par Nicolas Hulot. »

Le ministre de l’Écologie, qui doit prendre sa décision en décembre prochain, reste en revanche mutique sur Bure, en dépit des interpellations. Les opposants se font un plaisir de faire circuler une photo datant de 2016 où l’on voit le ministre tenant une pancarte : « Cigéo-Bure, je dis non ! »


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