Budget 2018 : Paradis fiscal ou enfer social ?

En dépit des effets de manche du gouvernement, le premier budget du quinquennat contient un choc fiscal et une cure d’austérité de grande ampleur.

Jamais les préceptes néolibéraux n’auront été assumés avec autant de clarté en France. L’équation est simple : les impôts sont diminués de 5,8 milliards d’euros pour les entreprises et les grandes fortunes (hors CICE). Et le gouvernement d’Édouard Philippe espère que les 340 000 millionnaires assujettis à l’ISF réinvestiront ces sommes pour relancer l’économie (lire ici). « Nous assistons à l’accentuation d’une politique qui va privilégier les plus riches, résume Anne Guyot-Welke, porte-parole de Solidaires Finances publiques. L’impôt sur les entreprises et le capital se réduit, et l’écart se creuse avec celui qui pèse sur les salariés. »

Le cadeau fiscal est tellement voyant que même la droite semble gênée aux entournures et milite désormais pour une taxe sur les signes ostentatoires de richesse – comme les yachts ou les lingots d’or. Prière donc de cacher ces richesses outrancières que la politique fiscale du gouvernement va faire fleurir.

Le gouvernement a toutefois joué une partition habile pour présenter ses arbitrages, en livrant des chiffres bruts non corrigés par l’inflation et la croissance. Un artifice qui lui permet d’afficher des budgets en hausse dans la plupart des ministères. Mais, correction faite [1], deux tiers de missions de l’État affichent des crédits en baisse, avec des économies totales équivalentes à 15 milliards d’euros.

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