Haro sur les locales de France 3

Les salariés de la chaîne publique s'opposent à la fermeture programmée des bureaux locaux.

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C’est tombé net. À l’occasion d’un comité central d’établissement, la direction nationale de France 3 a annoncé la fermeture de plusieurs bureaux locaux en région et, de fait, la suppression d’une dizaine d’éditions locales de certains journaux de France 3. Une édition de 7 minutes (communément appelée un décrochage), diffusée à 19h15, du lundi au vendredi. Et qui rend compte de l’actualité « en bas de chez vous », sinon dans le coin. Cela concerne nombre de correspondants, dits « localiers » dans les villes de province, du Tarn au Périgord, du Quercy au Rouergue. La suppression est prévue pour 2018. Elle se fera au profit d’un journal régional qui déterminera les sujets.

À Pau, par exemple, où l’équipe compte onze membres, dont sept journalistes, le rendez-vous quotidien de 19h15, dédié à l’actualité béarnaise, devrait disparaître au profit d’un journal régional réalisé depuis Bordeaux. Une pétition en ligne a été lancée sur Change.org, qui souligne que dorénavant, « c’est Bordeaux qui décidera de l’intérêt ou non, de réaliser un reportage en Béarn ». Or, poursuit la pétition, « moins de reportages, moins de temps d’antenne, les spectateurs béarnais n’ont rien à gagner à cette disparition programmée ». Même pétition à France 3 Périgord, tournée vers la Dordogne, qui devrait voir son bureau de Périgueux fermé et qui collecte parallèlement des témoignages de soutien des Périgourdins, pour les publier sur Facebook. Et d’enterrer ainsi définitivement le slogan de France 3 : « De près, on se comprend mieux ! »

Pour la direction, « la bobine de 7 minutes n’est plus pertinente aujourd’hui », tout simplement parce que « les gens ne consomment plus l’info comme avant. 53 à 60 % des personnes reçoivent la télévision par l’internet ADSL ».

Pour ceux qui menaient à bien ces éditions locales, c’est un coup de massue. Parce que cela sonne la fin de l’info de proximité, c’est-à-dire l’identité même de France 3. Le Syndicat national des journalistes (SNJ), à France Télé, appelle tous les téléspectateurs à se mobiliser contre la casse de ce maillage régional. Pour Raoul Advocat, délégué SNJ, le processus de baisse de moyens a déjà été enclenché, mais « c’est une atteinte globale à tous les réseaux régionaux, cela ne concerne pas seulement les localiers. C’est une véritable interrogation sur le devenir de France 3, déjà prise dans la réforme Info 2015, faisant des rédactions fusionnées de France 2 et France 3 une news factory », au détriment de France 3 bien sûr.

À France 3 Occitanie, la direction a déjà reculé en avançant finalement que « les éditions d’informations locales seront maintenues telles quelles ». Le rendez-vous catalan du soir ne sera donc pas supprimé. Pour l’instant. Car France 3 a annoncé que « des réflexions » seront menées « dans quelques mois » sur l’avenir de l’information locale.

Ce maintien « des missions de proximité de service public » fait partie des revendications des syndicats CGT, FO et CFDT en grève le 17 octobre pour dénoncer les coupes budgétaires à France Télé dans le prochain projet de loi de finances 2018.


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