Menaces sur le logement social

La baisse des APL fragilise les bailleurs sociaux et les contraint à renoncer à des constructions et des réhabilitations. Leur finalité sociale est attaquée au profit d’une marchandisation du secteur.

Entre le gouvernement et les acteurs du logement social, une rude bataille est engagée. Il y a d’abord eu, au début de l’été, l’annonce d’une baisse indistincte de l’aide personnalisé au logement (APL) de 5 euros par mois, à compter du 1er octobre, pour 6,5 millions de locataires parmi les plus modestes. « Une connerie sans nom », aurait lancé Emmanuel Macron devant les chefs de sa majorité. Un coup d’essai plutôt, comme l’a confirmé le projet de loi de finances pour 2018. La « connerie », qui avait été perçue comme la première mesure anti-pauvres du quinquennat, y est reconduite à l’article 52. Elle ne devait pourtant, à lire des gazettes en cour, n’être appliquée que trois mois, le temps de combler un trou laissé par le gouvernement précédent… Pérennisée en 2018, elle générera pour l’État une économie de 400 millions d’euros, soit le montant de la ristourne accordée aux 1 000 plus gros contributeurs de l’impôt sur la fortune (ISF). Pire encore : le même article prévoit de réduire de 60 euros en moyenne l’APL des locataires du parc social qui est versée chaque mois aux bailleurs sociaux. Obligeant ces derniers à baisser d’autant le montant de leurs loyers. Une ponction de 1,7 milliard qui fragilise dangereusement les HLM. À lire aussi >> Réforme des APL : Mortifère article 52 L’annonce de cette mesure, fin septembre, à la veille du congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui rassemble les 730 organismes HLM du pays, a suscité un tollé des acteurs du logement social. Le ministre en charge de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et son secrétaire d’État plus spécifiquement en charge du logement, Julien Denormandie, y ont été chahutés comme jamais, tous les bailleurs sociaux accusant dans une motion votée à l’unanimité, fait inédit, le gouvernement de mener « une attaque idéologique contre le modèle du logement social, ses 11 millions de locataires », et de mettre « en péril le logement social ».

Il reste 79% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents