Paris : ils ont manifesté pour « défendre le service public »

Les agents de la fonction publique sont descendus à la rue ce mardi 10 octobre à l’appel de neuf organisations syndicales. Ils protestaient contre les mesures « inacceptables » du gouvernement.

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M acron veut diviser pour mieux régner. Salariés du public et privé, on reste unis et mobilisés », crient les haut-parleurs de l’un des camions de la CGT. La solidarité semble être le mot d'ordre pour cette mobilisation nationale. À Paris, on comptait 45 000 manifestants selon la CGT, 26 000 selon la préfecture de Police. 130 manifestations ont été répertoriées par l'AFP sur le territoire français. Tous les secteurs sont venus protester et témoigner de leurs conditions de travail.

Contre les politiques budgétaires austères

« Trop c’est trop », s’énerve Jean-François, inspecteur des finances publiques, un autocollant Force ouvrière sur son blouson. « J’ai l’impression de travailler dans une usine à gaz, pas dans une administration de l’État. Chaque année, 2 000 postes disparaissent mais la charge de travail, elle, elle ne disparaît pas ! » On compte de nombreuses administrations ministérielles dans le cortège, comme l’Inspection du travail ou les finances publiques.

Philippe Bouyssou, maire PCF d’Ivry-sur-Seine est présent. Il a déclaré « ville morte » pour la journée afin de dénoncer « les attaques que subissent les municipalités » :

La dotation globale de fonctionnement que nous verse l’État baisse de presque 13 milliards sur tout le quinquennat ! Sauf que nous, nous ne voulons renoncer à rien.

« On fait bonne figure »

On compte de nombreux acteurs du milieu hospitalier sur l’avenue Daumesnil. Parmi eux, Louisette, infirmière à la fondation Favier, une maison de retraite médicale publique, dans le Val-de-Marne, en grève pour « sauver ses RTT ». Elle s’indigne lorsqu’elle raconte son quotidien : « Vous vous rendez compte ? Il n’y a qu’une infirmière pour 80 patients ! Et encore, ça c’est le jour. La nuit, il n’y a qu’une seule personne pour toute la structure ! On fait bonne figure mais comment tenir dans ces conditions… » Violette, retraitée, est venue les soutenir car elle s’inquiète « pour la santé en France. Et la santé, ça nous concerne tous ».

« On nous voit comme des glandeurs »

Un peu plus loin, des pancartes multicolores aux noms des établissements scolaires en grève : l’Éducation nationale a recensé 17,5 % de grévistes. Guizlain, professeure en ZEP, manifeste pour la première fois de l’année. « Ils veulent rétablir le jour de carence, le gel des rémunérations, et supprimer des postes, énumère-t-elle. S_’il y a un jour où il faut protester, c’est aujourd’hui : c’est un mouvement de grande ampleur, tous les syndicats et les secteurs sont présents. » Elle explique aussi souffrir du dénigrement de sa profession : « On nous voit comme des glandeurs, payés à ne rien faire. Mais on instruit vos enfants. » Cette souffrance, Philippe Martinez en est conscient. Les fonctionnaires « souvent traités de fainéants ont besoin de respect »_, déclare le leader de la CGT.

Solidarité et convergence des luttes

Mais les professeurs ne sont pas les seuls dans la rue, lycéens et étudiants se sont joints à eux. « On est tous concernés par les réformes de Macron », affirme Arthur, étudiant à Paris 1 Sorbonne. Même argument dans la bouche de Florent, syndiqué CGT à Renault : « Service public ou privé, on lutte ensemble contre la politique du gouvernement. » La mobilisation n’a rien d’une « action corporatiste, se défend Luc Bérille (secrétaire général de l'Unsa). Il s’agit plutôt de défendre un service public de qualité ».


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