Quand la caméra se fait l’extension de chaque voix
Marie Brémond, l’une des soignantes filmées dans le précédent film de Mariana Otero, À ciel ouvert, fait le lien avec L’Assemblée, où la parole et son écoute sont à nouveau centrales.
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© Romain Baudean
Lorsque j’ai rencontré Mariana Otero, elle s’intéressait à notre travail dans une institution en Belgique, le Courtil, accueillant des enfants en souffrance psychique. Elle y avait d’abord consacré de longs repérages, puis avait choisi d’y poser sa caméra pour participer pendant trois mois au quotidien que constituait notre travail d’accompagnement de ces enfants. Quelque chose dans notre pratique et sa formalisation échappait à sa compréhension, malgré le fait qu’elle en mesurait les effets thérapeutiques sur les enfants. Dès lors, deux motifs essentiels l’animaient dans son documentaire qui allait s’intituler À ciel ouvert [1] : le souhait de faire partager au spectateur le dessillement progressif de son regard sur une pratique collective orientée par la psychanalyse lacanienne, et la captation attentive du surgissement d’une parole qui prenait corps et vie chez ces enfants, tantôt mutiques tantôt parasités par des phrases qu’ils ne pouvaient
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