Reporters sans frontières : « Sauvons les journalistes égyptiens »

À l'occasion de la visite à Paris du maréchal-président Al-Sissi, RSF a déployé une banderole place de la Concorde pour rappeler les atteintes à la liberté de la presse en Égypte.

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S ave Egytian Journalists ». Tels étaient les mots écrits sur une banderole ce matin déployée par l’association Reporters sans frontières (RSF) devant l’obélisque de Louxor, place de la Concorde à Paris. À l’occasion de la visite officielle du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dans la capitale, RSF a choisi ce monument emblématique de Paris, proche de l’Élysée et de l’Assemblée nationale, symbole de la grandeur de l’Égypte, pour dénoncer la répression brutale des autorités égyptiennes et soutenir les journalistes indépendants victimes de cette répression.

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, a déclaré :

L’Égypte est l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes. Le président Sissi étouffe les voix indépendantes, enferme ceux qui osent s’affranchir de la ligne officielle. Sissi momifie les journalistes en leur imposant des bandeaux sur les yeux, la bouche, les mains, afin de les empêcher de faire leur travail d'information. Nous profitons de sa visite à Paris pour dénoncer cette répression brutale et lancer un appel à la France afin qu’elle ne ferme pas les yeux sur les nombreuses violations commises par le régime égyptien.

La visite officielle du président égyptien, selon l’association, « intervient dans un contexte de répression sans précédent à l’égard de la société civile égyptienne, au nom de la lutte contre le terrorisme. Parmi ces défenseurs des droits humains pourchassés par le régime, les journalistes égyptiens qui se heurtent au refus de toute remise en question. Le débat public est exsangue, la censure permanente, l’auto-censure fréquente ».

Seize journalistes sont actuellement en prison, et certains sont toujours dans l’attente d’un verdict dans des procès fleuves, sans cesse reportés, tandis que d’autres sont victimes de mauvais traitements.

Enfin, rappelle RSF, « Internet, qui était le dernier espace de liberté d’information, est désormais largement censuré : plus de 400 sites, dont des dizaines de sites d’information, tels que Mada Masr ou encore Masr al Arabia et Al Bedaiah, ont été bloqués cette année, sans aucune raison officielle. Le site de RSF, comme celui d’autres ONG, est d’ailleurs bloqué depuis cet été ».

L’Égypte figure à la 161e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF.


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