« Sans adieu », de Christophe Agou : Crépuscule paysan

_Sans adieu_, de Christophe Agou, disparu avant la sortie de son film, montre de vieux agriculteurs du Forez en proie à une société qui les ignore.

Christophe Kantcheff  • 25 octobre 2017 abonné·es
« Sans adieu », de Christophe Agou : Crépuscule paysan

Je parcours la plaine et la montagne, et cherche intuitivement l’invisible », indique Christophe Agou dès le générique. Sans adieu fait aussi toucher l’indicible à son spectateur. En effet, ce n’est pas sans difficulté qu’on rassemble ses mots pour parler de ce film tant l’émotion qu’il suscite est forte, plus encore après une seconde vision, la première ayant eu lieu à Cannes, où il était présenté par l’Acid.

Dire que Sans adieu donne à voir un univers en extinction n’est pas faux, mais certainement insuffisant. Dans le Forez, Claudette, Raymond, Jean, Christiane et Mathilde vivent chacun dans leur ferme usée comme leur corps, aux murs décrépis, aux objets lustrés et archaïques. Ils sont entourés de leurs chiens ou de leurs chats, indispensable compagnie. Ils ont toujours habité là, travaillé là, immuablement. Tandis que le monde autour d’eux a bougé, s’est métamorphosé à vitesse grand V.

C’est de ce monde que Mathilde et son frère, encore plus âgé qu’elle, disent qu’ils ont peur. « Il n’y a plus que l’argent, plus d’amitié. » C’est ce monde que

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes