Sophie Wahnich : « La participation seule ne fait pas démocratie »

Spécialiste de la Révolution française, Sophie Wahnich a observé de près l’expérience de Nuit debout et les débats sur la question démocratique, au centre du film L’Assemblée, de Mariana Otero.

Olivier Doubre  • 12 octobre 2017 abonné·es
Sophie Wahnich : « La participation seule ne fait pas démocratie »
© photo : Rodrigo Avellaneda / ANADOLU AGENCY

Sophie Wahnich, qui a publié nombre d’ouvrages sur la Révolution française, la naissance de la République et les enjeux de la démocratie, ne pouvait qu’être intéressée par l’expérience de Nuit debout. Ayant assisté à de nombreux débats place de la République, elle partage le sentiment d’inaboutissement de ce projet politique, pourtant porteur de grands espoirs au départ. Elle en décrypte ici les raisons.

Comment avez-vous perçu L’Assemblée, et plus particulièrement l’épuisement auquel s’est confronté la commission démocratie ?

Sophie Wahnich : En tant que documentaire tout à fait fidèle à ce qui s’est passé place de la République pendant plusieurs mois, il rend compte des impasses de Nuit debout, en tout cas de sa commission démocratie. Là où le film peut être enthousiasmant, c’est que par son cadrage des contradictions il peut faire gagner du temps à ceux qui viendront à s’engager. Il montre la teneur des débats qui ont produit des butées. Ces butées sont les lieux qui, malgré tout, peuvent être des lieux d’espoir à rouvrir car l’intelligence politique y était bien présente, mais les meilleures idées stratégiques, à mon sens, n’ont pas réussi à gagner la partie. Je pense que ce que livre bien le film, c’est que, sous couvert de démocratie, les gens cherchaient des espaces publics de débat, sans avoir comme visée des prises de décisions qu’ils ressentent comme des prises de pouvoir. On voit ainsi combien on est aujourd’hui dans une extrême

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Société
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