Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

Trois intercommunalités franciliennes ont refusé d'adhérer définitivement Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), laissant ouverte la possibilité d'une remunicipalisation.

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Bonne nouvelle pour l'eau publique en Île-de-France. Dans un communiqué du 20 octobre, les présidents de trois Établissements publics territoriaux (EPT), MM. Braouezec, Cosme et Leprêtre pour Plaine commune, Est Ensemble et Grand-Orly-Seine-Bièvre ont annoncé qu'ils n'adhéreraient pas de façon définitive au Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), la structure qui délègue la gestion de l'eau potable de 150 communes à Veolia. Ils veulent prendre « deux ans supplémentaires pour travailler, réfléchir », tout en restant liés au Sedif via une convention provisoire.

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Cette annonce fait suite à une entrevue entre les trois élus et André Santini, président du Sedif, elle-même motivée par une lettre envoyée par M. Santini aux présidents d'EPT qui n'avaient pas encore statué sur leur adhésion au Sedif, ce qu'ils étaient supposés faire six mois avant la fin de l'année. Cette lettre n'était pas purement administrative et au contraire tout à fait politique puisque M. Santini y dénonçait une volonté de « rupture, pour des raisons idéologiques à l’initiative d'une minorité agissante, de la solidarité intercommunale ».

À cela, les présidents d'EPT ont répondu en mettant « en avant un débat de fond dans la société, sur la question de la gestion de l'eau ». Car, même si les élus affirment que l'engagement n'est pas de « sortir ou de réadhérer coûte que coûte », c'est bien la reprise en régie publique de l'eau dans ces trois territoires qui pourrait à terme devenir une réalité.

Comme Politis le rappelait dans un article publié en début d'année, la réforme territoriale, en transférant la compétence de gestion de l'eau des communes aux intercommunalités, offre à ces dernières la possibilité de ne pas adhérer au Sedif, ce qui était très difficile pour les communes déjà adhérentes. Si MM. Braouezec, Cosme et Leprêtre n'ont pas franchi le pas, leur non-adhésion en laisse au moins ouverte la possibilité.

La Coordination eau Île-de-France s'est ainsi félicitée dans un communiqué de ce temps supplémentaire qui « pourra être mis à profit pour poursuivre les études de faisabilité d’une gestion publique et déterminer les périmètres et les bons modèles techniques et économiques, pour mener le débat avec tou-tes les élu-es concerné-es et la population ».

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La semaine dernière n'a décidément pas été très concluante pour M. Santini, puisque son projet, présenté mardi dernier, d'un « Grand Paris de l'eau » pour mutualiser les moyens de production d'eau potable en Île-de-France, a été taxé, mercredi, de « projet pharaonique de création d’autoroutes de l’eau qui n’a aucun sens tant sur le plan technique que sur le plan financier » par la Ville de Paris. Elle y voit un « grand projet inutile ».


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