Catalogne : L’opposition à Madrid ne faiblit pas

Si la mobilisation catalane s’organise et se consolide, le paysage politique est divisé. Il est peu probable que l’unité se maintienne à l’approche des élections régionales du 21 décembre.

En Catalogne, les manifestations se succèdent mais ne se ressemblent pas. Depuis la mise sous tutelle des institutions catalanes par Madrid via l’application de l’article 155 de la Constitution, l’incarcération d’une partie du gouvernement régional destitué et l’exil de son président, Carles Puigdemont, à Bruxelles, la résistance se maintient dans la capitale catalane. Mais à la « mobilisation permanente » que sollicitaient en septembre dernier les leaders des deux plus grandes associations indépendantistes, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, maintenus en détention provisoire depuis le 16 octobre, a succédé une contestation sporadique, privilégiant les coups d’éclat efficaces. Des actions coordonnées désormais depuis différentes sphères, parmi lesquelles les CDR, ces « Comités de défense du référendum » devenus « Comités de défense de la République ». Apparus pour permettre le vote de la consultation d’indépendance du 1er octobre, ces comités organisés par quartiers à l’initiative de la CUP, parti de la gauche radicale indépendantiste, ont su gagner en transversalité dans leur discours tandis que leur nombre augmentait. Actuellement 260 en Catalogne, les CDR complètent la trinité de l’opposition à Madrid, formée par l’exécutif en exil de Carles Puigdemont et les puissantes associations indépendantistes Omnium et Assemblée nationale catalane (ANC).

Fin octobre, le profil de l’assistance rassemblée pour assister à la réunion du CDR du quartier de l’Eixample invalidait rapidement l’hypothèse d’un mouvement recrutant uniquement dans l’électorat de la CUP. Dans le cercle de parole, organisé de façon très similaire aux rassemblements du 15M (les Indignés), les participants, de tous âges et de toutes origines, aux orientations politiques diverses, bien que généralement ancrées à gauche, s’interrogent sur l’objectif de ces nouveaux organes de contestation. S’agit-il de s’impliquer dans les élections anticipées convoquées par Madrid le 21 décembre, et auxquelles la totalité des partis catalans a consenti à se présenter (voir encadré) ? Après quelques échanges, le rôle du CDR fait rapidement consensus : organiser des actions concrètes « dans la rue » pour « défendre la République » et « exiger la libération des prisonniers politiques ».

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