Proche-Orient : Quand Trump fabrique du terrorisme

La décision de Donald Trump, que l’on dit imminente, de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est l’un de ces actes qui produisent de la violence.

Politis  • 6 décembre 2017
Partager :
Proche-Orient : Quand Trump fabrique du terrorisme
© CITIZENSIDE / Abed Deeb / Citizenside

Sauf à croire que le terrorisme est une donnée biologique, il faut bien constater qu’il a des causes politiques. L’abus de la force par des États tout-puissants contre des peuples qui n’en peuvent mais finit toujours par générer cette forme de révolte folle et aveugle. La décision de Donald Trump, que l’on dit imminente, de transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est l’un de ces actes qui produisent de la violence. Le partage de 1947 avait sagement proclamé la ville corpus separatum, sous régime international.

Le refus arabe d’un partage qui, il est vrai, était tout sauf équitable, puis la guerre de 1948, à la suite de la proclamation unilatérale d’Israël, ont mis un terme à ce statut dérogatoire. La guerre des Six-Jours de juin 1967 et l’entrée des troupes israéliennes dans la partie orientale de la ville, puis son annexion en 1980, ont été des moments décisifs du processus colonial. Mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. Malgré les pressions israéliennes, les ambassades sont restées à Tel-Aviv. Seul le Congrès américain, en adoptant le Jerusalem Embassy Act, fait planer depuis 1995 la menace d’un transfert que Donald Trump mettrait aujourd’hui à exécution, en dépit des mises en garde des pays arabes et de la Turquie.

Les 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique ont prévu de se réunir en urgence. Les États arabes s’en tiendront à une vague protestation. Les peuples, eux, réagiront différemment. Soit immédiatement dans les territoires, où le Hamas a menacé d’une nouvelle Intifada, soit à plus long terme au profit de groupes terroristes. Même Emmanuel Macron en est conscient, qui est intervenu auprès de Trump pour arrêter le bras du crime.

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Iran : du bazar de Téhéran aux provinces, une colère populaire sous haute surveillance
Analyse 8 janvier 2026

Iran : du bazar de Téhéran aux provinces, une colère populaire sous haute surveillance

Partie du cœur économique du pays, la contestation iranienne s’étend aux provinces, sur fond d’effondrement économique et de répression. Entre stratégies de division du pouvoir et débats sur l’issue politique du mouvement, les lectures des spécialistes restent contrastées sur un soulèvement à l’avenir incertain.
Par William Jean
Bande de Gaza : l’école à tout prix
Reportage 7 janvier 2026 abonné·es

Bande de Gaza : l’école à tout prix

Dans l’enclave palestinienne, les enfants retournent progressivement en classe depuis la signature du fragile cessez-le-feu, le 10 octobre dernier. Les leçons se tiennent dans des établissements où vivent encore des déplacés, ou sous des tentes fragiles plantées au cœur des dizaines de camps du territoire.
Par Céline Martelet et Shrouq Aila
« Donald Trump donne un permis général pour un Far West global »
Entretien 5 janvier 2026 libéré

« Donald Trump donne un permis général pour un Far West global »

Directeur de recherches à l’Iris et spécialiste de l’Amérique latine, Christophe Ventura dresse un panorama des rapports de force à Caracas, alors que le président vénézuélien Maduro, kidnappé par les États-Unis dans la nuit du vendredi 2 janvier, a été présenté devant la justice américaine.
Par Olivier Doubre et Pierre Jacquemain
À Mayotte, la police aux frontières expulse la mère d’un enfant en soins palliatifs
Reportage 15 décembre 2025 abonné·es

À Mayotte, la police aux frontières expulse la mère d’un enfant en soins palliatifs

Placé en soins palliatifs pour une hépatite A fulminante, N. a failli mourir seul. La raison : la police aux frontières de Mayotte avait choisi ce moment pour expulser sa mère Fatima, d’origine comorienne.
Par Christophe Decroix