Brésil : Lula condamné, le pays s’enfonce
La condamnation à douze ans de prison de l’ancien président marque une régression démocratique dans un pays qui élira en octobre prochain son prochain dirigeant.
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La nuit vient de tomber sur la place de la República, au centre de São Paulo, quand est annoncée au micro l’arrivée de Luiz Inacio Lula Da Silva, dit « Lula », attendu par plusieurs dizaines de milliers de militants de gauche : « Et voici le prochain président du Brésil ! »
La scène se passe le 24 janvier. L’ancien président (2002-2010) vient d’être condamné en seconde instance à douze années de prison dans l’affaire du « triplex de Guaruja », un appartement sur le littoral de São Paulo que Lula aurait reçu en guise de pot-de-vin du groupe de construction OAS, en échange de l’attribution de marchés publics liés au géant pétrolier Petrobras. « Il n’y a aucune preuve contre lui, ce procès est une farce », dénonce son avocat, Valeska Teixeira Zanin Martins, à l’issue de l’audience à Porto Alegre. De son côté, la presse brésilienne n’a eu de cesse de présenter Lula comme le coupable idéal. En 2016, quand il est arrêté au petit matin à son domicile par deux cents policiers pour être présenté au juge qui enquêtait sur le scandale du Lava Jato (l’affaire Petrobras), la télévision Globo, stratégiquement prévenue, consacre plus de la moitié du « Jornal Nacional », à l’heure de grande écoute, à cet épisode. Les médias généralistes, aux mains de grandes familles, ne cachent pas leur appui à la droite.
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L’affaire ne mobilise pas que les nostalgiques des grandes liesses populaires qui admirent sans condition le charismatique leader de 72 ans. « Lula n’est pas mon candidat, mais je veux qu’il soit jugé