Migrants : Après l’enfer, le retour ?

Face à l’échec ou au danger, certains migrants sont contraints de rentrer chez eux. Une pratique encouragée et encadrée.

Survivre, fuir des violences ou des répressions, subvenir aux besoins de la famille restée au pays, rêver à un avenir meilleur… Les motivations des 200 000 migrants qui ont traversé la Méditerranée en 2017 pour rejoindre l’Europe sont multiples et complexes. Mais un point commun relie tous ces parcours : le voyage demeure éminemment dangereux – il l’est même de plus en plus. Avec la fermeture du passage par les Balkans en 2016, le chemin de l’exil passe davantage par l’Afrique du Nord, obligeant les migrants à prendre la mer dans des conditions toujours plus déplorables : plus de 3 000 personnes sont mortes noyées ou asphyxiées sur des embarcations précaires en 2017, alors même qu’elles étaient moins nombreuses que l’année passée à avoir emprunté cette voie.

Aux risques d’un péril maritime s’ajoutent les violences subies avant la traversée de la Méditerranée. Pendant leur périple à travers le désert du Sahara, par exemple, comme le montrent les images du documentaire Exode (2016) filmées par Alaigie, un Gambien de 21 ans. Le journal Jeune Afrique [1] raconte aussi l’histoire d’Abdou, de Mamadou et d’Issa, trois Guinéens venus de Conakry qui, après de longs mois d’attente de bateaux qui ne partaient jamais ou après avoir livré des centaines de milliers de francs CFA aux passeurs, ont décidé de rentrer chez eux. Un revirement parfois rendu impossible : certains passeurs obligent ces déçus de l’exil à embarquer de force pour éviter qu’ils ne racontent au retour les atrocités subies.

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