Afghanistan : Le retour des talibans

Les attentats se multiplient et se rapprochent du pouvoir.

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Une ambulance piégée qui explose, faisant plus de cent morts, samedi 27 janvier. Une attaque qui cause la mort de onze soldats, lundi 29. Après, quelques jours auparavant, une attaque contre l’hôtel Intercontinental où résidaient de nombreux étrangers. À chaque jour ou presque, son attentat dans Kaboul. Ce qui devrait étonner mais n’étonne même plus, c’est l’audace des assaillants qui atteignent à présent des quartiers de la capitale afghane surprotégés. L’ambulance qui a causé l’attentat le plus meurtrier depuis huit mois, a explosé à deux pas du ministère de l’Intérieur, et non loin du palais présidentiel et de l’ambassade de France. Et l’attaque de lundi, revendiquée par le groupe État islamique (Daech), a eu lieu aux abords de l’Académie militaire, autre zone ultra protégée. Comme si les terroristes avaient voulu montrer qu’ils se rapprochaient du pouvoir.

Que les deux principaux attentats aient été revendiqués par les talibans, et que celui de lundi ait été l’œuvre du groupe État islamique ne fait guère de différence, le label Daech étant un affichage pour un groupe de talibans qui a fait allégeance à l’organisation d’origine irako-syrienne. Si la répétition de ces attaques montre la faiblesse du pouvoir afghan, et l’infiltration des services de sécurité par les talibans, elle souligne aussi l’échec des États-Unis présents dans le pays depuis 2001. Le Pentagone tente d’ailleurs d’interdire les informations concernant les zones conquises par les rebelles. Quant à Donald Trump, il a dit renoncer à toute négociation avec les talibans, comme cela avait été un temps envisagé. Ce qui ressemble à une impasse pour une stratégie de présence américaine qui renforce l’implantation des talibans dans la population.


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