Droit d’asile : La faute morale de Macron

Les politiques d’asile et d’immigration mises en œuvre par le gouvernement rompent avec la tradition de l’asile et font grincer des dents jusque dans la majorité.

Ingrid Merckx  • 21 février 2018 abonné·es
Droit d’asile : La faute morale de Macron
Distribution de repas à Calais, en février, par une association d’aide aux migrants.
© PHILIPPE HUGUEN/AFP

Le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » a fuité dans la presse avant d’arriver en conseil des ministres le 21 février. L’orientation était connue : des procédures plus expéditives, une répression accrue. Depuis plusieurs mois déjà, Gérard Collomb maintient cette ligne avec l’aval d’Emmanuel Macron, au risque d’une double conséquence : une rupture avec la tradition de l’asile en France et une fracturation de la majorité. En effet, tous les membres de La République en marche (LREM) ne se reconnaissent pas dans les politiques de dissuasion et de répression que le gouvernement met en œuvre. S’ils hésitent encore à parler de trahison des principes pour lesquels ils se sont engagés, certains « marcheurs » tiennent à se démarquer de la ligne Collomb, comme la députée Sonia Krimi (voir entretien). Mais, même s’ils parviennent à faire passer des amendements adoucissant certaines mesures, l’esprit de cette loi restera le marqueur de la première grande faute morale de ce gouvernement et de cette présidence dans le domaine sociétal. Le « Président des riches »

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Société
Temps de lecture : 5 minutes

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