« En Europe, l’influence de l’extrême droite est indéniable »
Les droites radicales profitent de l’affaiblissement des partis classiques et de la passivité de l’UE pour peser sur les politiques.
dans l’hebdo N° 1492 Acheter ce numéro

La présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle française de 2017 a focalisé la menace de l’extrême droite sur sa capacité à accéder au pouvoir. Et sa nette défaite a pu « rassurer ». À bon compte : partout dans l’Union, la menace n’est pas tant l’élection imminente d’un chef de gouvernement d’extrême droite que la radicalisation des droites sous la pression de cette mouvance, désormais troisième parti politique dans une dizaine de pays.
Plusieurs partis d’extrême droite se trouvent aux portes du pouvoir en Europe. Sont-ils en mesure d’y parvenir ?
Anaïs Voy-Gillis : Nous assistons simultanément à un renforcement des partis d’extrême droite et de droite radicale en Europe. Cependant, hormis le PiS [« Droit et Justice »] en Pologne et l’ANO [« Action des citoyens mécontents », populiste] en République tchèque, aucun parti d’extrême droite n’est actuellement au pouvoir. Néanmoins, plusieurs y accèdent via des coalitions avec la droite, parfois radicale.
C’est le cas en Autriche du FPÖ [« Parti de la liberté »], avec les conservateurs de l’ÖVP [« Parti populaire]. La Ligue du Nord a participé à une coalition gouvernementale durant les années Berlusconi en Italie. De même pour le DF [« Parti populaire »] avec des conservateurs ou des libéraux au Danemark entre 2001 et 2011. Aux Pays-Bas, le PVV [« Parti pour la liberté »] s’en est tenu à un soutien parlementaire. Dans certains cas, comme en France avec le FN, l’extrême droite refuse les alliances pour ne pas déroger au « seul contre tous