Grande distribution : Peu de concret aux États généraux de l’alimentation

Le texte du gouvernement montre de belles intentions en faveur du monde paysan, mais aucun moyen de les concrétiser.

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Mieux encadrer les prix pour permettre aux paysans de vivre de leur travail et pour endiguer les scandales alimentaires à répétition : les États généraux de l’alimentation s’étaient ouverts, l’été dernier, sur des intentions louables. La publication, le 31 janvier, du projet de loi du gouvernement confirme pourtant les craintes du monde paysan. Les belles intentions figurent toujours dans le texte, mais aucun moyen contraignant de les concrétiser n’a été retenu. Le gouvernement annonce deux mesures censées endiguer les prix anormalement bas. Le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte, pour forcer les grandes surfaces à faire plus de marge, et l’interdiction des super promotions sur les produits alimentaires (la baisse maximale sera de 34 %). Mais la rédaction de ces mesures est renvoyée à des ordonnances, et leur application devra être expérimentale pendant deux ans.

« Il n’y a aucune disposition concrète pour assurer un retour aux producteurs », a surtout réagi la Confédération paysanne. Le gouvernement s’en remet en effet à la bonne volonté de la grande distribution pour redistribuer les marges. Idem pour l’autre mesure phare du texte, présentée par l’exécutif comme une inversion de la construction des prix : les négociations commenceront désormais par une « proposition du producteur ». Sans autre forme de contrainte. « Il est illusoire de penser que le harcèlement sur les producteurs cessera », s’indigne le syndicat d’agriculteurs. Nicolas Hulot, ministre de l’Environnement, qui a séché la clôture des États généraux de l’alimentation le 21 décembre, estimait déjà dans une interview au Monde que « le compte n’y [était] pas ».


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