L’énergie du verbe francophone

Bernard Cerquiglini, linguiste, nous montre la richesse du français au-delà d’un carcan normatif.

Bernard Cerquiglini  • 16 février 2018
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L’énergie du verbe francophone
© photo : Alphacit NEWIM / CrowdSpark

On vante la langue anglaise pour son aisance : elle fait verbe de presque tout. Le français n’est pas en reste, qui dispose avec le premier groupe d’une morphologie simple et régulière, se prêtant à la création : un verbe en « -er » évite la maladresse d’une paraphrase. On vivifie ainsi le français en se déprenant d’un carcan normatif. Le français mondial s’y emploie avec ardeur :

Agender, Suisse, « inscrire dans un agenda » ;

Enceinter, Afrique de l’Ouest et du Centre, « engrosser, rendre enceinte » ;

Piqueter, Québec, « tenir un piquet de grève » ;

Réciproquer, Belgique, Burundi, République démocratique du Congo, Rwanda, « adresser en retour des vœux, des félicitations » ;

Siester, Afrique de l’Ouest et du Centre, « faire la sieste ».

Ces verbes peuvent naître d’une plaisante image, comme les africains camembérer (« sentir des pieds ») et girafer (« se tordre le cou pour copier sur son voisin »). La francophonie est riche de créations verbales qu’il importe d’adjoindre au français hexagonal, pour son plus grand bénéfice. Sans tabou : la frilosité langagière « fait rire les poissons » (comme on dit au Québec).

Bernard Cerquiglini Linguiste, auteur de Enrichissez-vous : parlez francophone ! (Larousse).

Société Monde
Publié dans le dossier
La francophonie has been ?
Temps de lecture : 1 minute
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