Dossier : Ils bravent les lois anti-migrants : Les nouveaux Justes

Migrants : « Le sentiment qu’il faut faire quelque chose »

Arrivé à Calais en 2009, Philippe Wannesson y est resté plus de huit ans auprès des migrants. Auteur d’un blog qui documente les violences policières, il est un acteur précieux et un témoin inlassable.

Un regard lumineux, une voix douce et la toise d’un colosse. Philippe Wannesson n’est pas quelqu’un de tout à fait ordinaire. Guère prolixe sur lui-même, préférant parler des autres, du fruit de ses observations. Né à Metz en 1964, il a d’abord longtemps œuvré dans le secteur du travail social et de l’éducation populaire. « Taraudé par ce qui se passe dans la France de Nicolas Sarkozy, qu’il s’agisse des Roms ou des migrants », interpellé par « ce qu’on peut appeler une violence d’État sur la question des migrations », il vient une première fois à Calais juste avant Noël, en 2008, sous la houlette d’une association tournée vers la solidarité et le soutien aux exilés, avec une idée peu précise alors : « Que peut-on faire à Calais pour aider ? » Il reste quelques semaines puis revient au printemps suivant. Il ne le sait pas encore, mais Philippe Wannesson va vivre huit années sur place. Au tout début, il se met au service de l’association calaisienne Salam, qui aide les migrants au quotidien. C’est la distribution de repas chauds et d’eau, l’accueil dans les campements et l’apprentissage du français. « Il y avait là des gens qui n’entendaient pas rester en France, mais qui voulaient posséder quelques rudiments de la langue pour communiquer avec leur entourage, ne serait-ce que pour connaître leurs droits en matière d’asile. » L’été qui suit, Philippe Wannesson crée l’association La Marmite aux idées. Il sort de l’aide alimentaire d’urgence pour s’installer dans le temps, durablement, informer les migrants, saisir les pouvoirs publics, sensibiliser la population locale. Un travail bénévole. Comment fait-on alors pour vivre ? « C’est bien simple, plaisante-t-il, on attaque les ­policiers et on les mange ! Plus sérieusement, on vit avec peu, et avec les gens. »

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