En Espagne, une grève générale pour les droits des femmes

Pour le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, les principaux syndicats appellent à cesser le travail, notamment dans les transports.

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Un grand mouvement grève pour les droits des femmes ? C'est de cette façon originale que les syndicats espagnols entendent célébrer la journée internationale du 8 mars demain.

Un appel à une grève générale pour défendre les droits des femmes, lancé par les principaux syndicats, devrait ainsi occasionner de fortes perturbations dans les transports. Sur les trajets interurbains, 200 trains sur 568 ne circuleront pas, même si environ 65 % du service sera assuré. Concernant les trains à grande vitesse ou couvrant des longs trajets, 105 sont annulés (72 % du service assuré).

Pour la centrale syndicale Commissions ouvrières (CCOO) , il s'agit de dénoncer le « négationnisme sur les inégalités » entre hommes et femmes, qui se sont encore aggravées avec la dure crise financière vécue par le pays entre 2008 et 2014. Celle-ci, a récemment déclaré son secrétaire général, a entraîné une perte de pouvoir d'achat de 22 % dans les secteurs les plus féminisés. Il faut aussi dénoncer l'inégalité « en termes d'embauche, de harcèlement et de violence subie par des milliers et des milliers de femmes », selon l'Union générale des travailleurs (UGT).

La grève fait l'objet de débats depuis des semaines en Espagne et de nombreuses personnalités ont annoncé qu'elles y participeraient. Certains collectifs féministes ont aussi invité les femmes à ne pas consommer et à renoncer aux tâches domestiques. Ainsi, l'égérie du réalisateur Pedro Almodovar, l'actrice Penelope Cruz, a annoncé qu'elle annulait certains engagements et serait aussi en grève « domestique », laissant le soin de ses deux enfants à leur père Javier Bardem.

Deux des cinq femmes ministres du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy sur 14 ont pour leur part estimé qu'il serait préférable d'observer une « grève à la japonaise », autrement dit, une grève du zèle, scandalisant la gauche. Mariano Rajoy a cependant pris ses distances avec ces déclarations mardi et accepté de recevoir un collectif de femmes de chambre, qui se plaignent de leurs emplois de plus en plus précaires et sous-payés.

Une grande manifestation est également prévue dans les principales villes à partir de 19 heures.


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