La preuve par le Larzac
Depuis 1981, le causse s’est repeuplé et redécouvert, grâce à de nouveaux arrivants prêts à s’engager au quotidien pour préserver cette aventure agricole et humaine.
dans l’hebdo N° 1496 Acheter ce numéro

© Vanina Delmas
Le repas est à peine terminé qu’on frappe à la porte. Une fois, deux fois, trois fois… Ce samedi après-midi, c’est jour de réunion de l’équipe du journal militant bimestriel Gardarem lo Larzac chez Chantal et Thomas. En moins d’une minute, la cuisine et la salle de vie de la maison se transforment en atelier de confection. Prendre un journal, le plier en quatre avec soin, coller l’adresse du destinataire, regrouper par départements. Et envoyer le tout aux 1 300 abonnés à travers le monde. La mécanique est bien huilée.
Ce vestige papier de la lutte du Larzac a traversé les années et les combats. En une de ce numéro : Notre-Dame-des-Landes, évidemment. Pour Marizette, Anne-Marie, Michel, Léon et les autres bénévoles, c’est aussi l’occasion de se replonger dans les anecdotes de la lutte des années 1970 et de décrire le nouveau visage du Larzac. « Avant, il n’y avait que des paysans “pur porc” comme moi, coincés dans le système Roquefort. Les gens venant de l’extérieur ont osé faire des choses et ont apporté de nouveaux profils, analyse Léon Maillé, l’un des archivistes de la lutte, entre deux blagues. Aujourd’hui, il y a un vrai brassage culturel et d’idées. Le Larzac continue d’attirer, mais nous affichons complet. » L’antithèse du désert rural.
Chantal Alvergnas faisait partie des « squatteurs » du Larzac. Venue prêter main-forte sur le chantier de Cavaillès dès 1979, elle s’est ensuite installée sur le plateau et a travaillé comme bergère avec les éleveurs du coin. Après la victoire, des paysans lui ont proposé la ferme de Saint-Martin-du-Larzac, qui avait été vendue à l’armée. En 1985, elle