Quel avenir pour Europe 1 ?

La station continue de s’enfoncer dans la mistoufle, avec une audience toujours en berne. Le dernier mercato estival n’a pas eu les effets escomptés.

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À pareille époque, au milieu du printemps, l’an dernier, Europe 1 donnait l’air de lancer une OPA sur Radio France et principalement sur France Inter. En net recul dans les audiences, la station d’Arnaud Lagardère décidait de bouleverser ses programmes et sa direction en débauchant d’abord Frédéric Schlesinger, directeur des antennes de Radio France, et Emmanuel Perreau, directeur des programmes de France Inter. Et Patrick Cohen, fort du titre de matinalier le plus écouté. Dans la besace d’Europe 1 s’ajoutaient Marion Lagardère, de Mouv', passée par le service politique d’Inter, Hélène Jouan, à la revue de presse d’Inter après en avoir dirigé le service politique, et Jean Beghin, ex-directeur adjoint aux antennes et aux programmes de Radio France.

La saison n’est pas terminée, mais les audiences enregistrées par Médiamétrie restent médiocres : 7,7 % d’audience, voilà un an ; 6,6 % en décembre 2017 ; 6,8 % en mars 2018. Avec une perte de 112 000 auditeurs sur un an. Résultat, Frédéric Schlesinger est maintenant débarqué. Pour celui qui avait annoncé qu’il faudrait trois saisons pour redresser la radio, c’est ballot. Ce serait donc maintenant Laurent Guimier, chargé des programmes et des antennes de Radio France, puisé donc aussi dans le service public, qui lui succéderait. Il a aussi la particularité d’être déjà passé par Europe 1, comme directeur de la rédaction.

Dans ce jeu de chaises musicales, plus marquant est le départ annoncé de la matinale de Patrick Cohen. Du moins lâcherait-il le micro, lui qui demeure également directeur délégué de la radio. En interne, pour le remplacer, il est question de Maxime Switek, ou bien de Jean-Baptiste Boursier venu de BFMTV. Jusqu’à aujourd’hui, la valse des dirigeants et des voix de la station n’ont jamais réussi à redresser une fidélité des auditeurs en souffrance.


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