Tolbiac se lance à plein temps dans le mouvement

Réunis en assemblée générale, les étudiants ont voté hier le blocus illimité de l’université « jusqu’au retrait de la loi d’orientation et réussite des étudiants », avant de se joindre au cortège des cheminots grévistes, défilant gare de l’Est.

Alexandra Scappaticci  • 4 avril 2018 abonné·es
Tolbiac se lance à plein temps dans le mouvement
© Photo : Conférence de Bernard Friot et Frédéric Lordon, le 3 avril, à Tolbiac (@TolbiacLibre)

Hier matin à Tolbiac, environ 1 800 personnes étaient présentes en assemblée générale, dans l’amphi N. Parmi elles, des étudiants de Paris 1, mais aussi des professeurs et chargés de travaux dirigés. Ici comme dans une petite quinzaine d'universités, les étudiants bloquent et occupent leur établissement pour réclamer le retrait de la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et de la plateforme Parcoursup.

Derrière l’immense bureau de bois, sept étudiants animent les débats, notent les interventions, organisent les tours de parole, limités à deux minutes pour une meilleure fluidité. Les jeunes semblent s’être rôdés à l’exercice depuis une semaine. Tous les journalistes sont acceptés, à condition de ne prendre ni photos ni vidéos. Plusieurs étudiants auraient été violemment pris à partis sur les réseaux sociaux (notamment sur la plateforme jeux-vidéo.com) suite à des diffusions de leur image, certains auraient même reçu des menaces, émanant, entre autres, de groupuscules d’extrême droite.

Les prises de paroles s’enchaînent dans une ambiance bon enfant. Le stress des jeunes orateurs, devant une si grande assemblée, est palpable. Les mains tremblent

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
Reportage 6 février 2026 abonné·es

À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »

Depuis plus d’une décennie, l’association Da So Vas dénonce des conditions de vie alarmantes sur l’aire d’accueil en bordure de Lille et demande des solutions de relogement. Ce lieu est devenu un symbole du racisme environnemental subi par les gens du voyage.
Par Thomas Lefèvre
La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa