26 mai : LO invente la participation sans soutien

Le parti trotskiste a confirmé sa présence dans les cortèges de la « Marée populaire » sans pour autant signer l’appel commun de la cinquantaine d’organisations qui en sont à l’initiative.

Agathe Mercante  • 21 mai 2018
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26 mai : LO invente la participation sans soutien
© Photo : Michel Soudais

Un soutien certes, mais du bout des lèvres. Alors que se prépare la manifestation unitaire du 26 mai, organisée par les opposants – politiques, associatifs et syndicaux – aux réformes menées par Emmanuel Macron, Lutte ouvrière affiche son désaccord… sans pour autant renier le « front uni ».

« Contre l’offensive de Macron et du capital, le monde du travail doit rendre les coups », a confirmé Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte ouvrière, deux fois candidate à l’élection présidentielle, dans un discours tenu dimanche lors de la fête annuelle de son parti à Presles (Val-d’Oise). Devant un parterre de 15 000 personnes – selon les organisateurs – elle a fustigé l’action du gouvernement. « En un an, Macron a enchaîné les attaques contre les travailleurs », a-t-elle dénoncé, énumérant « les ordonnances travail pour que le patronat puisse licencier plus vite et moins cher », « la hausse de la CSG que les retraités ont payé de plein fouet », « la sélection dans les universités » ou le « contrôle des chômeurs ».

Perspectives différentes

Le représentante de Lutte ouvrière a demandé à ses troupes de participer à la journée d’action de la fonction publique le 22 mai et confirmé la décision de son parti de manifester le 26 mai aux côtés d’une cinquantaine d’organisations politiques, syndicales et associatives, se refusant toutefois à cosigner leur appel commun.

Quels que soient leurs discours d’aujourd’hui, lorsqu’ils seront au pouvoir, ils gouverneront à leur tour au service des plus riches. Alors, si nous dénonçons souvent les mêmes choses que Mélenchon, Laurent ou Hamon, nous ne le faisons pas du tout dans la même perspective.

« Tout en œuvrant pour le succès de cette manifestation, nous ne signons pas l’appel unitaire car nous rejetons l’opération politique qui se dessine et nous appelons les travailleurs à la méfiance », a-t-elle martelé. La porte-parole de LO suspecte les organisateurs de la « Marée populaire » de chercher à refaire une union de la gauche du type de celle de Mitterrand ou de la gauche plurielle de Jospin :

Grand absent des réunions qui se sont tenues ces dernières semaines pour parvenir à présenter un front uni à gauche, l’organisation d’extrême gauche maintient encore et toujours une distance. Comprendre : les ennemis de nos ennemis ne sont pas pour autant des amis.

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