« En Polynésie, la souveraineté politique est envisageable »

Membre du parti indépendantiste Tavini Huiraatira* depuis 2013, Moetai Brotherson plaide pour l’installation d’un processus d’autodétermination.

Agathe Mercante  • 23 mai 2018 abonné·es
« En Polynésie, la souveraineté politique est envisageable »
© photo : Oscar Temaru en 2014, lors d’une cérémonie à la mémoire des victimes des essais nucléaires.crédit : GREGORY BOISSY /AFP

Après en avoir été retirée en 1963, la Polynésie française a obtenu en 2013 sa réinscription sur la liste des territoires « à décoloniser » de l’ONU. Une mince victoire pour cet ensemble d’archipels du Pacifique, qui souhaite que les discussions pour mettre en place un processus d’indépendance soient amorcées. Sans grand succès jusqu’ici, déplore Moetai Brotherson, le seul député du parti indépendantiste à l’Assemblée nationale.

La Nouvelle-Calédonie décidera de son indépendance par référendum le 4 novembre. Où en est la Polynésie ?

Moetai Brotherson : Nous n’en sommes pas du tout au même stade. En Polynésie, aucun processus d’autodétermination et d’indépendance n’a été mis en place. Tout comme la Nouvelle-Calédonie, nous disposons d’un statut départageant les prérogatives de l’État et celles de la collectivité, mais notre indépendance reste limitée à ça. L’État conserve les compétences régaliennes (monnaie, justice, défense, immigration…), et l’exécutif local, qui dispose de ministres et d’un président, est compétent en matière de santé ou d’éducation. Certains domaines sont partagés, comme la fiscalité. La Polynésie ne prélève pas d’impôts sur le revenu : 60 % des impôts que nous percevons sont des taxes indirectes, pour

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Contre le RN, les gauches pensent à leur riposte
Analyse 16 juillet 2026 abonné·es

Contre le RN, les gauches pensent à leur riposte

Insoumis, socialistes, communistes et écologistes considèrent que l’officialisation de la candidature de Marine Le Pen au détriment de Jordan Bardella ne change pas la donne. Les stratèges s’apprêtent néanmoins à l’affronter sur le terrain de la probité. Mais pas seulement.
Par Lucas Sarafian
« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »
Entretien 13 juillet 2026 abonné·es

« L’extrême droite reste la principale menace des démocraties »

Marine Le Pen sera bien candidate à l’élection présidentielle de 2027. Et ce malgré sa condamnation en appel, le 7 juillet, pour détournement de fonds publics. Le politologue américain Steven Levitsky analyse son attitude face à la justice en la comparant avec celle d’autres populistes frappés par des affaires judiciaires dans le monde.
Par Juliette Heinzlef
Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos
Récit 10 juillet 2026 abonné·es

Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos

Les militants socialistes décident d’embarquer leur parti dans une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique. Selon ses détracteurs, le processus est taillé pour Raphaël Glucksmann. Olivier Faure est mis en minorité dans son propre parti.
Par Lucas Sarafian
Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios
Justice 8 juillet 2026

Feuilleton judiciaire de Marine Le Pen : trois questions et deux scénarios

Si l’attention politique et médiatique s’est resserrée autour de la candidature de la cheffe de file du Rassemblement national pour 2027, l’agenda judiciaire ne doit pas être occulté.
Par Céline Martelet