Goodbye, Philip Roth
L’écrivain Bertrand Leclair rend hommage au grand romancier américain disparu le 22 mai, en revenant sur ses œuvres d’avant la consécration.
dans l’hebdo N° 1505 Acheter ce numéro

La mort qui aura hanté l’œuvre de Philip Roth l’a donc emporté et les sortilèges du grand jeu romanesque qu’il a su mener à son paroxysme n’y auront rien changé. On peine à le croire aussi vulgairement vaincu ; il est vrai qu’on ne croyait déjà qu’à demi l’annonce publique, en 2012, d’une petite mort : sa décision d’arrêter d’écrire. Comment imaginer sérieusement Philip Roth prendre le risque de respirer sans écrire, quand les deux n’avaient jamais fait qu’un ?
Né en 1933 dans le quartier juif de Newark (New Jersey), Roth est mort à 85 ans, à New York, le 22 mai. La déferlante médiatique qui s’est ensuivie témoigne d’une reconnaissance indéniable sur la scène française, mais qui aura été tardive, en réalité