« Making », le vrai changement social

Trois sociologues analysent l’activité des tiers-lieux où l’on répare, transforme et produit. Une ouverture post-fordiste ?

Certains se souviennent sans doute de l’ouvrage novateur de Michel Lallement, sociologue et professeur au Conservatoire national des arts et métiers, qui, dans une riche enquête ethnographique menée au début des années 2010, avait défriché l’univers des makerspaces ou hackerspaces dans la Silicon Valley : L’Âge du faire. Hacking, travail, anarchie (1). Il y montrait la créativité et l’innovation d’un « nouveau modèle d’activité : le faire (make) », constitutif d’un univers où on peut croiser des start-up, de prestigieux centres de recherche ou des héritiers du mouvement social libertaire qui s’est développé à partir du fameux « Summer of love » de 1967 en Californie.

Depuis, le mouvement des makers ou, selon les dénominations et préférences de ses acteurs, des hackers (littéralement « bidouilleurs », trop souvent confondus avec les crackers, qui pénètrent et parfois détruisent des systèmes informatiques), s’est largement développé et a essaimé, au-delà de ce premier « creuset californien », à travers le monde, de l’Allemagne au Sénégal, des Amériques à la France. C’est l’objet de cette nouvelle enquête approfondie (longue de près de quatre ans) de Michel Lallement, associé cette fois aux sociologues du CNRS Isabelle Berrebi-Hoffmann et Marie-Christine Bureau, tous trois membres du laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Cnam-CNRS).

Il reste 57% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents