Secret des affaires : Une loi liberticide au profit du profit
Adopté en procédure accélérée, le projet sur le « secret des affaires » donne des moyens exorbitants aux entreprises pour poursuivre en justice lanceurs d’alertes, journalistes et ONG.
dans l’hebdo N° 1501-1502 Acheter ce numéro

Procès bâillon » n’est pas raison. Mais pourrait bien le devenir. Alors que le Sénat vient d’adopter – et de durcir – la très controversée proposition de loi sur « le secret des affaires », le milliardaire un brin procédurier Vincent Bolloré a été mis en examen, le 26 avril, dans l’enquête sur les conditions d’attribution de ses concessions portuaires en Guinée et au Togo.
L’homme dont les affaires en Afrique intéressent de près la justice française est passé maître dans l’art de faire des procès à quiconque détiendrait et révèlerait des informations sur le groupe. Dernière action en date : le magazine « Complément d’enquête » (France 2) est poursuivi pour « concurrence déloyale et dénigrement » à la suite d’un reportage diffusé en 2016. Le groupe demande 50 millions d’euros de dommages et intérêts. Rien que ça (verdict le 5 juin). Mais d’autres médias ont déjà dû subir ce type de procédure coûteuse, même s’ils ont tous obtenu une relaxe : L’Obs, Le Point et Mediapart en janvier dernier,
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Déconstruire le duel des « deux France »
« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »