Trump dans la main des évangélistes

En transférant l’ambassade de son pays de Tel-Aviv à Jérusalem, le président américain donne un gage important à un groupe indispensable à son éventuelle réélection.

U n grand cadeau pour les évangélistes », estime le journal juif américain Forward. « Une victoire pour la base chrétienne de Donald Trump », selon le New York Times… Quel que soit le média consulté ces derniers jours aux États-Unis, tous s’accordent sur un point : le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, inaugurée officiellement le 14 mai sur fond de violences dans la bande de Gaza non loin, est une belle faveur accordée aux évangélistes les plus conservateurs, qui s’activent en coulisses depuis des années pour permettre ce déplacement.

Il suffisait de voir la liste des 800 invités présents à la cérémonie d’ouverture pour se rendre compte du poids de ce groupe. Parmi la « centaine » d’évangélistes chrétiens recensés par le journal britannique Time, deux pasteurs texans – Robert Jeffress et John Hagee – avaient été conviés pour prononcer les bénédictions. Le premier, un baptiste du Sud proche de Donald Trump, a tenu dans le passé des propos controversés contre l’islam, le mormonisme, le catholicisme et même le judaïsme. Le second, qui préside un groupe pro-Israël, avait loué Adolf Hitler, dans des enregistrements qui ont refait surface pendant la campagne de 2016, pour avoir poussé les juifs à quitter leurs pays pour se retrouver en Israël.

Outre ces deux personnages sulfureux, on pouvait également apercevoir Paula White. Cette pasteure d’une méga-église pentecôtiste de Floride préside le comité consultatif évangéliste de Donald Trump, qui regroupe une trentaine de pasteurs, militants et responsables d’associations. Plusieurs juifs conservateurs participaient aussi à l’événement, dont Sheldon Adelson, un milliardaire qui a fait fortune dans le business des casinos. Ancien soutien de l’adversaire de Donald Trump pendant la primaire républicaine, Ted Cruz, il s’est converti au trumpisme pendant la campagne et a fini par devenir le plus grand donateur du candidat républicain, avec quelque 35 millions de dollars déboursés pour financer l’investiture du Président. Avec sa femme, Miriam, qui a donné, elle, 83 millions de dollars au Parti républicain en 2016, il fait partie des plus ardents défenseurs du transfert de l’ambassade américaine et a même proposé d’en financer partiellement le déménagement, selon l’agence Associated Press.

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