Venezuela : Maduro en capitaine du Titanic

C’est avec 54 % d’abstention que Maduro a été réélu, avec 68 % des voix.

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Président sortant, Nicolás Maduro avait promis de respecter le résultat des urnes. Il y avait du cynisme dans cette déclaration : il était ultra favori, dimanche dernier, face à deux candidats sans épaisseur, le front d’opposition ayant renoncé à participer pour protester – scrutin anticipé de six mois, « chantage » vote contre nourriture, etc. Et puis, fin 2015, le régime avait contesté par tous les moyens la large victoire de l’opposition aux législatives, allant jusqu’à installer, en août dernier, une assemblée constituante plénipotentiaire à sa main.

C’est avec 54 % d’abstention (contre 20 % en 2013) que Maduro a été réélu, avec 68 % des voix. Il vante le bénéfice pour l’économie de la stabilité politique : contrôlant tous les pouvoirs, il règne pourtant sur un Titanic en train de sombrer. L’énorme crise économique aurait déjà mis plus de 80 % de la population sous le seuil de pauvreté et des dizaines de milliers de personnes sur les routes de l’exil. Surtout, alors que la population dépend cruellement des importations pour des biens de première nécessité (alimentation, santé, etc.), le front international va encore se durcir contre Maduro. Le scrutin avait été rejeté, comme non conforme aux normes démocratiques, par 14 pays d’Amérique et des Caraïbes parmi les plus importants (dont les États-Unis) et l’Union européenne.


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