Des élèves sont-ils discriminés par Parcoursup selon leur lycée d'origine ?

En Île-de-France, des lycéens, des enseignants et des élus accusent la plateforme de désavantager les candidats issus de certains établissements, notamment en fonction de leurs résultats au baccalauréat.

L es Parisiens, ils ont des places eux ! » Devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, 200 élèves se regroupaient, le 31 mai, pour protester contre la plateforme Parcoursup. Une semaine après la première vague de résultats, ils étaient 65 % à être sur liste d'attente. La banderole « Notre avenir en attente », accrochée aux grilles de l'établissement, est criante de vérité. Au 6 juin, ils étaient encore 55 % dans la panade. Très vite, dans la bouche des élèves, des professeurs, des parents d'élèves et des syndicats, le mot est lâché : « Discrimination ». « Ils ont le sentiment d'être rejetés, raconte l'un de leurs enseignants. Nous savons que nos élèves sont discriminés : dans l'accès aux études, au logement, à l'emploi, aux stages, dans la rue. Parcoursup leur met la preuve sous le nez. Le rejet, ils le sentent dans leur chair. »

Bilan insuffisant

Sur les réseaux sociaux, une carte recense le pourcentage d’élèves sans réponse positive (n'ayant reçu que des « non » ou « en attente ») dans certaines classes d'établissements d'Île-de-France. Elle a été établie sur le blog SwaggCocos à partir de chiffres issus d'un questionnaire de Sud éducation qui vise à recenser les résultats par classe. Il est fait mention du lycée Henri-Becquerel (Seine-et-Marne) dont 74 % des élèves sont sans réponse positive.

© Politis

Ce taux monte à 94 % dans une classe professionnelle au lycée de Prony d’Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, et à 87 % dans une classe de filière scientifique du lycée Romain-Rolland de Goussainville dans le Val-d'Oise. La fédération Sud éducation remarque une « nette inégalité entre lycées ». Selon les données récoltées, 62 % et 61% en filières professionnelle et technique n’ont aucune réponse positive, contre environ 48 % en ES, 46 % en S, et 41 % en L. Mais, pour l'instant, l'échantillon (moins de 300 classes) est insuffisant pour analyser s'il y a effectivement une discrimination selon le lycée d'origine. Pour cela, il faudra attendre la fin de la procédure et la publication des chiffres par académie, en septembre.

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Taux minimal de boursiers

Des élus se sont emparés de la question. Quelques jours après les premiers résultats, le 25 mai, Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, a interpellé la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Dominique Vidal.

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