Éloge du vivant

Marx est le premier analyste de la destruction par le capitalisme des « deux sources de la richesse : le travail et la terre ».

Le président Macron a réussi, en un an, à jeter « en même temps » au fond du trou les deux sources du vivant : le travail et la nature. D’un côté, il a remis en cause le code du travail, consacrant la priorité à l’individualisation de la relation employeur-salarié, au mépris des négociations collectives et des droits associés. Il marchandise le droit à la formation, et s’apprête à diminuer les aides sociales et à mettre un terme à toute solidarité dans le système de retraite en instaurant un système par points ou par comptes notionnels, strictement contributif. Parallèlement, le Président enterre toute velléité de transformation écologique en renvoyant aux calendes grecques la baisse de la part de l’énergie d’origine nucléaire et en enterrant les déchets de celle-ci à Bure. Il fait adopter une loi « agriculture et alimentation » qui renonce à interdire le glyphosate et la publicité pour une alimentation malsaine, pendant que la concentration des terres cultivables s’accélère et que la Commission européenne libéralise un peu plus la politique agricole commune.

Parmi tous les anniversaires marqués en ce printemps dans beaucoup de médias, il en est un qui a échappé à Politis : le bicentenaire de Marx. Pourtant, c’eût été facile de voir dans le fondateur de la critique de l’économie politique le premier analyste de la destruction par le capitalisme des « deux sources de la richesse : le travail et la terre ». En effet, le travail « vivant » est soumis au processus d’accumulation parce que lui seul ajoute de la valeur au capital, cette chose morte. Le travail est également vivant car c’est par lui que l’être humain se construit en tant qu’être socialisé.

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