Qui peut parler au nom des musulmans ?

L’initiative d’une « consultation nationale » sur Internet a suscité accusations et polémique. Son objet est d’abord de mieux connaître une population stigmatisée et peu représentée.

Qui sont donc, que pensent, les musulmans de France ? Si l’on s’en tient à certains médias, les clichés ne manquent pas depuis longtemps, comme l’ont montré de nouveaux ouvrages (1). Sans aller jusqu’à la figure terrifiante du jihadiste suicidaire, le musulman est souvent représenté dans les médias par un immigré au fort accent nord-africain, égorgeant le mouton dans la baignoire de son HLM et jeûnant pendant le ramadan. À côté de lui, son jeune fils fréquente la mosquée du quartier, quand le lieu de prière n’est pas dans un sous-sol mal aménagé, boit des cafés et fume (voire deale) du shit, ce qui lui laisse du temps pour surveiller que sa sœur ne sort pas en mini-jupe. Au-delà de ces clichés, que connaît-on vraiment de ces musulmans de France et que veulent-ils ?

Initiée et conçue par Marwan Muhammad, la « Consultation des musulmans » a été l’objet de vives critiques, telle l’accusation – infamante et habituelle en France – de communautarisme religieux. La personne de Marwan Muhammad a aussi été vivement attaquée, accusé d’intégrisme islamique ou de soutien aux islamistes les plus intransigeants. S’il a pu, parfois, se retrouver autour d’une table à débattre avec des intégristes rigoristes, ce militant contre l’islamophobie se présente comme un « musulman lambda », priant et jeûnant régulièrement, qui se dit en phase avec les grands principes de la laïcité et de la loi de 1905. Il a contribué à concevoir les questions et la méthodologie de la consultation – ouverte durant un mois et qui s’est achevée le 15 juin…

À lire aussi >> Notre entretien avec Marwan Muhammad

Près de 25 000 personnes ont répondu par écrit, via Internet, parfois en envoyant de longues contributions, mais aussi autour de consultations locales et de débats collectifs au sein d’associations ou de mosquées (2 500 participants dans près de 25 grandes villes). En outre, plus de 7 000 personnes se sont déclarées disponibles pour maintenir des contacts et promouvoir de futures actions. Si, d’emblée, l’initiative a été taxée de « communautariste », l’accusation a tendance à faire sourire Simon Dawes, professeur de civilisation anglaise à l’université de Versailles-Saint-Quentin, où il a organisé, les 19 et 20 juin derniers, un important colloque international pluridisciplinaire sur « les représentations médiatiques de l’islam et des musulman-e-s ».

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