SNCF : Des concessions, vraiment ?

La reprise de la dette de la SNCF par l’État, l’incessibilité théorique des actifs de ses filiales et la transférabilité du statut des salariés en place sont de nature à attiser la colère des cheminots et des usagers.

La commission mixte paritaire du Parlement a mis la touche finale au nouveau pacte ferroviaire. La reprise de la dette de la SNCF par l’État, l’incessibilité théorique des actifs de ses filiales et la transférabilité du statut des salariés en place en cas de recours aux opérateurs privés sont présentées comme des concessions faites aux syndicats, susceptibles de les conduire à arrêter la grève. Ces annonces sont pourtant de nature à attiser la colère des cheminots et des usagers.

Premièrement, la dette de 47 milliards est due, d’une part, à l’insuffisance des subventions de l’État à SNCF Réseau, condamnée à s’endetter pour entretenir un réseau aux coûts fixes importants. Elle résulte, d’autre part, de projets pharaoniques tels que les LGV et leurs gares fantômes. La reprise de la dette, en contrepartie du changement de statut de la SNCF, était précisément l’épicentre du séisme voulu par le rapport Spinetta : la transformation de l’établissement public industriel et commercial (bénéficiant d’une garantie d’État) en société anonyme à capitaux publics (sans garantie de l’État) alourdira les intérêts à payer et réduira l’incitation de la société à s’endetter. Cela conduira SNCF Réseau à réduire ses coûts fixes et donc à fermer les 9 000 kilomètres de lignes du quotidien identifiées dans le rapport. Le Premier ministre jure qu’il n’en sera rien. Malheureusement, comme l’État réduit à la fois ses subventions à SNCF Réseau et ses dotations aux collectivités territoriales, il sera impossible à la SNCF et aux régions de cofinancer l’entretien du réseau sans fermer des lignes et des guichets, supprimer des trains ou relever les péages et les tarifs.

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