Avignon, zone de troubles

Après un Thyeste dilué dans le bruit et la fureur, Milo Rau et Didier Ruiz ouvrent de précieux espaces de liberté et de partage, fondés sur un rapport très fort au réel.

Anaïs Heluin  • 10 juillet 2018 abonné·es
Avignon, zone de troubles
photo : Dans « Thyeste », le goûtnde la belle image prend le pas sur le reste.
© Christophe Raynaud de Lage/Hans Lucas

Une énorme tête de métal renversée, la bouche grande ouverte et le regard vide. Et, plus loin, une main de la même taille, faite de la même matière, qui semble vouloir se traîner jusqu’à elle malgré les cordes qui l’enserrent. L’image est sobre et forte. À la hauteur des attentes immenses que suscitent toujours les scénographies installées dans la cour d’honneur du Palais des papes. En ouverture du Festival d’Avignon, le Thyeste de Thomas Jolly se présentait donc sous de bons augures. Réhabilité dans les années 1990 par la traductrice Florence Dupont, que le metteur en scène a invitée au moment des saluts à rejoindre la scène, le théâtre de Sénèque allait, espérait-on, briller de toute sa cruauté.

Une ribambelle d’enfants arrive en courant. C’est le premier visage de la jeunesse affiché par le festival, qui en plus de la notion de genre se penche cette année sur les nouvelles générations. Et ce visage n’est pas des plus rassurants. Sous des masques blancs, cheveux rouges et noirs, les gosses entament une danse macabre. Soudain,

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Théâtre
Temps de lecture : 5 minutes

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