Dossier : Prisons surpeuplées, un mal français

Prison : Des hommes en cage

Témoignage d’Éric *, incarcéré dans une maison d’arrêt en Normandie.

Condamné à trois ans de prison ferme, je passe mon incarcération après avoir été mis successivement en renouvellement de mandat de dépôt (trois fois), puis en détention exceptionnelle en attendant le jugement. Aux arrivants, je suis sonné, surpris par le bruit, cet écho permanent, cette odeur de merde, de pisse, de transpiration mélangée à l’odeur de la bouffe. Ça pue la testostérone. Ces gens qui gueulent, tapent dans les portes. J’ai l’impression d’arriver dans un zoo ! Un zoo sans visiteurs et des hommes en cage. Ce sont eux, les animaux ! C’est donc moi.

Je suis devenu un numéro, une cellule, un matricule. La nuit, les cris, les murmures et la détresse transpirent. Le temps ne compte plus, c’est la maison d’arrêt ! La première promenade est un choc, avec ses marches mécaniques, les yeux hagards, la bouche pâteuse des zombies… Tu te demandes si tu deviendras comme ça, ou si, sans t’en rendre compte, tu es déjà devenu comme ça. Tu te fais peur et tu ne te reconnais plus. L’image renvoyée du miroir laisse apparaître un autre : ce n’est plus toi.

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