Slimane Dazi : Avec sa gueule de métèque

Dans un récit autobiographique poignant, Slimane Dazi revient sur ses origines algériennes et son parcours jusqu’à devenir comédien.

Lui s’en souvient : Salif Keita, dit « la Panthère noire », débarquant, à l’aéroport d’Orly le 14 septembre 1967. Avec pour tout bagage son dribble chaloupé et son sens du but. Le joueur de foot malien avait quitté l’Afrique pour signer à Saint-Étienne. Keita a scoré comme on enfile des perles. Plus tard, on apprendra qu’il était moins bien payé que ses partenaires blancs. Pas un mot plus haut que l’autre. Sa colère n’en restait pas moins digne. « Elle rejoint la mienne, celle de l’indigène que je suis », écrit aujourd’hui Slimane Dazi dans son autoportrait, ce récit d’une vie entre deux rives, étiré de l’enfance à l’âge mûr, Indigène de la nation.

Slimane Dazi. Un nom qui claque. Une trogne d’assassin besogneux, aux yeux bleus perforants. Difficile de passer inaperçu avec un visage de métèque pareil, véritable réclame pour le délit de faciès. Crevant l’écran dans Un prophète, de Jacques Audiard, repéré amplement dans Rengaine, de Rachid Djaïdani.

Slimane est né un jour de mai, en 1960, à l’hôpital de la Maison de Nanterre. Le printemps de sa vie se déroule en banlieue, entre une mère douce et enveloppante et un père puisatier mineur, dans le respect des valeurs. Dans une maisonnette de deux pièces pour une fratrie de neuf mouflets. Slimane en est le grand frère, dépositaire de l’ordre et de la tradition, avant que la famille ne s’installe dans une tour de Cachan.

D’autres cités suivront, les petits boulots au bout des échecs scolaires, d’une formation en électromécanique (étudiant des moteurs qu’il n’allait jamais installer) aux années de camelot à la petite semaine sur les marchés. Jusqu’à faire la ventouse pour les tournages. Entendez le gus qui gère les emplacements sur la voie publique pour préserver le tournage d’un film.

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