Les deux roues de la lutte climatique d’Alternatiba

Le tour cycliste Alternatiba mobilise des milliers de personnes en France contre le dérèglement climatique, prêtes aux alternatives mais aussi à actions de résistances non-violentes.

Patrick Piro  • 29 août 2018 abonné·es
Les deux roues de la lutte climatique d’Alternatiba
photo : La vélorution accompagnant l’arrivée du tour Alternatiba à Lyon a rassemblé près de 400 cyclistes. n
© Patrick Piro

Pauline et José partagent une petite grimace : ils auraient bien aimé la conclure à la pédale au côté de leurs compagnons, cette prometteuse étape lyonnaise du tour Alternatiba. Mais l’une est affectée ce jour-là à l’animation d’une formation à l’action non-violente, et l’autre au pilotage d’une des deux camionnettes logistiques.

Cette semaine-là, l’équipée cycliste réunissait aussi Anne-So, Arthur, Aude, Baptiste, Cal, Damien, Eneko, Fanny, Rémi, Samuel et Sofiane, venus de Clermont-Ferrand, Montpellier, Saint-Malo, Nantes, Toulon, Genève ou Bayonne. C’est la deuxième édition de ce tour de France (1), coorganisé par le jeune mouvement Alternatiba, Action non-violente COP 21 (ANV-COP 21) et les Amis de la Terre, et il avale gaillardement son 3 900e kilomètre quelque part vers Bron en cette après-midi du dimanche 26 août.

La dizaine de militants, qui se renouvelle tout au long des quatre mois d’un périple au lent cours, pédale à l’approche du Rhône sur des routes sans charmes, où l’agacement des automobilistes se fait parfois clairement sentir. Au milieu du convoi tranquille roulent deux triplettes (vélos trois places) portant la bannière verte du tour, qui a placé la petite reine en première ligne de sa croisade contre le dérèglement climatique.

Lyon était resté dans les mémoires comme l’une des plus marquantes étapes de la première édition du tour, qui s’était élancé à l’été 2015 de Bayonne pour converger vers la capitale, où se préparait fiévreusement la COP 21 et l’Accord de Paris sur la réduction planétaire des gaz à effet de serre. Le tour 2018 a choisi une trajectoire inverse, parti de Paris le 9 juin, pour une arrivée prévue le 6 octobre

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Écologie
Temps de lecture : 8 minutes

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